L'étonnante Histoire que nous vivons (en guise d'introduction à ce site-journal de terrain)

Les hommes et les femmes consacrent beaucoup de temps et d'énergie àUnesco_partage_des_connaissaces échanger  des histoires. Des petites, des grandes, des légères et des graves. C'est sans doute un besoin vital, un "invariant anthropologique". Quelque chose qui nous tient debout et nous tient ensemble, et qui met de la couleur dans le quotidien.
Certaines histoires aident à résoudre les problèmes et à traverser les épreuves. D'autres vous plongent dans le brouillard et vous laissent sans voix, sans vie. Jusqu'ici, les premières l'ont toujours emporté.

                              >> En savoir plus sur la philosophie de ces pages...

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Des Mondes Ordinaires, le premier festival d'anthropologie

Des Mondes Ordinaires, premier festival d'anthropologie, aura lieu les 10, 11 et 12Des mondes ordinaires juillet 2009 à Hossegor, Seignosse Le Penon, Bénesse-Maremne et Sabres, dans les Landes.
A la fois lieu de rencontres, d'échanges culturels, de pédagogie et de jeux, ce festival est un événement destiné à tous les publics. Adultes et enfants, initiés et néophytes y découvriront les différentes facettes de cette discipline qui nous permet de mieux comprendre l'Autre.
Au travers de rencontres, d'ateliers, de conférences, d'expositions et de soirées thématiques, ce festival permet d'entrevoir les différences et les similitudes d'une culture à une autre.
Le thème retenu pour cette première édition est "littérature et anthropologie".

Luc Ferry: le progrès sans dessein, mouvement sans sujet

"Comme une bicyclette doit avancer pour ne pas chuter ou un gyroscope Pédaler, coureur cycliste tourner en permanence pour rester sur son axe, il nous fautMur en brique sans cesse "progresser". Mais ce progrès induit par la lutte en vue de la survie n'est plus situé au sein d'un projet plus vaste. Il n'est plus intégré dans un grand dessein. Il relève de la seule nécessité - en quoi il n'y a plus de politique de civilisation. Avec la mondialisation de la compétition, l'histoire change donc de sens : au lieu de prétendre, ne fût-ce qu'en principe, s'inspirer d'idéaux transcendants, le progrès, ou le mouvement des sociétés, tend à n'être plus que le résultat mécanique de la libre concurrence entre ses différentes composantes.

L'économie moderne fonctionne comme la sélection naturelle chez Darwin : chaque entreprise doit innover sans cesse pour s'adapter, mais le processus global que cette contrainte absolue produit est définalisé. C'est un "procès sans sujet", dépourvu de toute espèce d'idéal commun : qui serait assez stupide pour s'imaginer être plus libre et plus heureux parce qu'il achèterait le dernier modèle de téléphone ou d'ordinateur ? Personne, et pourtant nous l'achèterons. Tel est le monde que nous habitons désormais."


                                        Luc Ferry Le Monde 13.6.2009 

Edgar Morin: le quantitatif, le qualitatif... et la politique

 

     "Le calcul appliqué à tous les aspects de la vie humaine occulte ce qui ne peut être calculé, c'est-à-dire la souffrance, le bonheur, la joie, l'amour, bref, ce qui est important dans nos vies et qui semble extra-social, purement personnel. Toutes les solutions envisagées sont quantitatives : croissance économique, croissance du PIB. Quand donc la politique prendra-t-elle en considération l'immense besoin d'amour de l'espèce humaine perdue dans le cosmos ?"

 

                              Edgar Morin Le Monde 13.6.2009

Planète terre

La chanson-voyage



 Michel Jonasz                   Une chanson, c'est un moyen de transport, dans le temps et dans l'espace.


                                             Michel Jonasz

Une Ville sans pub? L'expérience de Sao Paulo, suite...

Sao Paulo, 4ème ville du monde, a décidé, après consultation des habitants, Publicité Sao Paulo de supprimer toute publicité sur la voie publique, voici quelques années, pour "lutter contre la pollution visuelle" (voir les photos).Cléo, habitante de Sao Paulo m'envoie son point de vue sur cette expérience :

"Disons que ça se passerait comme ça si Sao Paulo n'était pas au Brésil…Alors la ville resterait comme le maire l'a décidé! Mais moi, je suis une pauliste amoureuse de la pub et de tous les signes, je jette mes regards surTags Sao Paulo 1 la ville.  Visuellement la pub "payante" est partie. Le reste continue, et disons d'une façon plus hard. A la place de la pub payante, nous avons les tags, qui ont pris la place définitivement, et qui me plaisent, car c'est une façon des garçons de se montrer... les gangs!, sinon le graffiti est partout dans la ville.
Les papiers, la pub "au noir", la poubelle... ça on a beaucoup!
Et cette pollution visuelle et plus que visuelle, le maire ne l'enlève pas!
J'ai mis quelque chose sur ça dans mon blog, quelques photos, un film sur les tags, etc, à voir!!
Ahh, pardon, mon français n'est pas top!!!"

Images extraites du blog de Cleo

>Voir aussi "Tag à Sao Paulo"

Tag à Sao Paulo

Tags Sao Paulo 2 

                                                 Extrait du blog de Cleo Kesslan

>> Voir aussi "Une Ville sans pub? L'expérience de Sao Paulo, suite"

Tanita Tikaram: les temps ne changent pas


Quand Bob Dylan écrit  "The times they're changin'",  chanson qui devait faire le tour du monde, Tanita Tikaram n'est pas encore née. Elle voitTanita Tikaram le jour en 1969 en Allemagne, d'une mère Malaise et d'un père Indo-Fidjien, avant de s'installer en Angleterre... Elle y écrit, au même âge que Dylan, mais 30 ans après:

The times change,

I don't believe that the times change"


(Les temps changent, je ne crois pas que les temps changent).

 

                                      ..... A qui donnerez-vous raison?

>> Voir aussi "Voyage dans le temps" 

>> Ecouter la chanson de Tanita Tikaram I'm going home

Bob Dylan video live: "The times they're a changing"



 

                                            >>voir Tanita Tikaram: "Les temps ne changent pas"

Burawoy: les sociologues sont-ils lisibles?

Quelle est la visibilité de la sociologie sur la place publique? Est-elle lisible par des non-spécialistes? En un mot, est-elle réellement accessible aux acteurs qui veulent comprendre le monde où ils vivent? Telle est là Michael Burawoy question, à la fois pratique et éthique, que Michael Burawoy est venu poser à l'assemblée des sociologues français réunis pour leur congrès à Paris en avril 2009.
Michael Burawoy, professeur de sociologie à l'université de Berkeley en Californie, aujourd'hui retraité, est anglais d'origine russe. Il est connu pour ses enquêtes en observation participante (par exemple comme ouvrier tourneur à Chicago) et sa connaissance approfondie des classiques de la sociologie. Président de l'ASA (Association des sociologues américains) à partir de 2004, il a animé une vaste réflexion sur la place de Sociologie dans la Cité. Daniel Bertaux a traduit et présenté son article "Pour la sociologie publique" dans la revue en ligne Socio-logos.
Son intervention devant la salle comble du Congrès des sociologues français était très théâtrale, comme savent le faire les américains. A partir de son expérience de terrain en Zambie, il interpellait ses collègues du vieux continent, berceau de la science, en reprenant les thèmes de l'article cité:
"Alors que nos prédécesseurs s'étaient donnés pour but de changer le monde, trop souvent nous avons fini par le conserver. La sociologie, se battant pourLivre lunettes une place au soleil de l'Université, développa ses propres formes de savoir spécialisé… la route vers la connaissance scientifique des sociétés était enfin ouverte. Ce n'était pas la première fois qu'une vision comtienne saisissait l'élite de notre profession. Mais cette fois encore, comme les précédentes, cet élan vers la "science pure" fut de courte durée."
"Malgré la pression normalisante des carrières, l'élan moral initial est toujours là, rarement vaincu; car il n'est pas si facile d'étouffer l'esprit sociologique. Malgré les éteignoirs, la discipline - aux deux sens du terme, individuel et collectif - a porté ses fruits. Nous avons passé un siècle entier à professionnaliser la construction de la connaissance, à aller du sens commun vers la connaissance scientifique; si bien que maintenant nous sommes prêts, plus que prêts même à nous engager dans un mouvement systématique de retraduction qui consistera à rendre les savoirs à celles et ceux qui en sont l'origine; à faire des problèmes privés des questions publiques, régénérant ainsi la fibre morale de la sociologie. Tels sont le défi et la promesse, tel est le projet de la sociologie publique. Il ne s'oppose pas à celui de la sociologie universitaire; il en est le complément."
>> Lire l'article de Michael Burawoy        >>Voir aussi "La sociologie publique de Michael Burawoy" et "Bauman raconte mieux que Touraine" ,"L’art de raconter de Richard Sennett "

La "sociologie publique" selon Michael Burawoy

Arbre à palabre  "Sociologie publique ? L'idée consiste à amener la sociologie à entrer en conversation avec des publics, c'est-à-dire des gens qui sont eux-mêmes engagés dans des conversations. Cela implique donc une double Conversation conversation. Parmi les ouvrages publiés par des sociologues américains, on pensera à The Souls of Black Folks de W.E.B. Du Bois (1903), Un dilemme américain de Gunnar Myrdal, La Foule solitaire de David Riesman (1950) et Habits of the Heart de Robert Bellah (1985). Qu'est-ce que ces livres ont en commun? Ils sont tous écrits par des sociologues; ils sont lus au-delà du cercle universitaire; ils sont devenus autant de vecteurs d'un débat public sur la nature de la société états-unienne: la nature de ses valeurs, la distance entre ses promesses et ses Michael Burawoy2 réalités, son malaise, ses tendances lourdes. Ils font partie d'un genre que je désignerai ici de sociologie publique traditionnelle; on y trouve aussi les sociologues qui écrivent pour les pages "Opinions" de nos grands journaux lorsqu'ils traitent de questions d'importance collective."
"La sociologie publique génère immédiatement une relation dialogique entre le sociologue et un public; le projet (agenda) de chacun est mis sur la table et chacun doit s'ajuster à l'autre. La discussion met en jeu des valeurs ou des buts qui ne sont pas forcément partagés par les deux parties; ce pourquoi la réciprocité, ou ce que Habermas appelle l' "action communicationnelle" est parfois difficile à maintenir. Pourtant le but de la sociologie publique est précisément de développer cette conversation."
"Défendre l'idée qu'il faut s'adresser à des publics extra-universitaires - qu'il s'agisse de clients ou de publics intéressés - ne revient pas à nier les dangers et les risques de ce type d'interventions; il s'agit seulement d'affirmer que cela est nécessaire malgré ou peut-être même à cause de ces dangers et de ces risques."

                          Extrait de Michael Burawoy "Pour la sociologie publique"   Socio-logos n°1
>> Lire l'article       >> Voir aussi "Burawoy: les sociologues sont-ils lisibles?"

Illustration La conversation. Charles Gadenne, Gravelines

Yann Arthus-Bertrand: nous brisons les liens (Home)

"Nous avons engendré des phénomènes qui nous dépassent. Depuis les origines, l'eau, l'air, la matière, le vivant sont intimement liés. Et depuis peu, nous brisons ces liens. Ne nous voilons pas la face: ce que nous savons, il faut le croire. Tout ce que nous venons de voir nous ressemble. Nous avons fait la terre à notre image. Il nous reste peu de temps pour changer…"

 

Yann Arthus-Bertrand: Savoir, croire… et éprouver

Incendies en Californie Yann Artus-Bertrand, dans les entretiens donnés aux médias, revient souvent sur l'idée que savoir n'est pas suffisant, si l'on ne croit pas à ce que l'on sait:

"Le fond du problème, la clé, c’est qu’on ne veut pas croire ce que l’on sait. Il y a sur ce sujet un déni collectif mondial."
 "Ce que nous disons dans le film, tout le monde le sait, mais personne ne veut vraiment y croire," explique Yann-Arthus Bertrand. Ne ratez pas Home parce queIncendies en Californie2 c'est notre histoire."

Malheureusement, il en va semble-t-il de la vie en société comme de la vie personnelle: tant qu'on n'a pas éprouvé dans sa chair, même si l'on sait, on n'a pas la conviction de changer?

>> Voir la bande annonce du film "Home"

Illustrations: incendies en Californie

Voyage et découverte selon Proust

 

Marcel Proust

Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de  nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux.


                       Marcel Proust    A la recherche du temps perdu

Image: The Proust Society of America

De Gaulejac, s'autoriser à penser: les groupes d'implication et de recherche

"L'individu est multidéterminé, socialement, inconsciemment, biologiquement, et ces déterminations multiples le confrontent à des contradictions, contradictions qui l'obligent à faire des choix, à inventer desDe Gaulejac médiations, à trouver des "réponses", des issues, des échappatoires… Nous imaginons alors un dispositif méthodologique qui permet à la fois de comprendre ces différentes déterminations et de saisir le travail du sujet, comment chacun participe à produire sa propre destinée. C'est ainsi que va naître l'idée des groupes d'implication et de recherche autour du thème "roman familial et trajectoire sociale"."

    Vincent de Gaulejac  "S'autoriser à penser"

in "Histoire de vie, choix théoriques"

Bashung, pas facile d'être de nulle part. Va falloir que je recouse

"Je suis né tout seul, près de la frontière

C'est pas facile d'être de nulle part
D'être le bébé von dem hasard

Hey ! Gipsy, t'as plus de veine que moiBashung
Le blues, il sent bon dans ta voix

Faut pas que je parle aux Levy d'en face
Mémé m'a dit "Reste à ta place"

Hey ! Gipsy... j'aurai pas mon bac
Je ne ferai jamais la carrière de Bismarck
 
...Va falloir, va falloir que je recouse"


    Extraits d'Alain Bashung Elsass Blues (Album Roulette russe)

Culture d'entreprise : quand monte le dégoût

Souffrance au travail Dans une autre note je parlais de l'équilibre qu'avait atteint la valeur "entreprise", après un temps de diabolisation et un temps de sacralisation. Aujourd'hui, c'est la dégringolade: depuis quelques années la souffrance au travailSouffrance au travail3 est devenue un véritable sujet de société; puis là-dessus est survenue la crise à la suite des subprimes et son cortège de licenciements dans des entreprises pourtant réputées comme "sûres" (Caterpillar, etc…).

Dégoût du travail, disqualification de la vie politique, désacralisation des institutions, crise profonde du système de santé et du système scolaire: de toute évidence, quelque chose est en train de se défaire, et comme toujours autre chose est en train d'émerger. Une page se tourne, les personnes en souffrance décrochent de ce qui était pour eux sacré il y a encore peu de temps, et recherchent de nouvelles manières de faire société, avec cette question: comment renouveler la vie dans les organisations, et l'image de l'entreprise?


Une intéressante controverse rend compte de cette mutation en cours : Hervé Sérieyx dans son blog critiquait le livre "Bonjour paresse", dans lequel "la psychanalyste Corinne Maier brocarde avec jubilation les travers d'EDF où elle est salariée à mi-temps et encourage ses petits camarades de travail à en faire le moins possible pour que l'électricité nous coûte un maximum". Tout en dénonçant cette manière de "cracher dans la soupe", Sérieyx pointe une problématique spécifique des entreprises françaises qui selon lui serait une explication du vécu désastreux au travail: "Diriger ne suppose que des petites cellules grises bien en place, du flair, du réalisme, du pragmatisme et du courage, rien qui renvoie à un PHD , à Polytechnique ou à l'ENA ; fabriquer est une technique d'ingénieur des Arts et Métiers ; vendre c'est une question de feeling, d'écoute et de conviction ; manager, une affaire de relations aux autres. A l'évidence, une bonne part du « mal vivre » dans nos entreprises vient de ce que la très française hiérarchie des diplômes a été transposée dans la pyramide des postes, et que des surdiplômés du compliqué (technique, juridique, comptable, économique…) se retrouvent dans des postes de management du complexe ( c'est-à-dire de relation au flou, au contradictoire, au paradoxal, à l'humain, au vivant) auxquels rien ne les a préparés".
"En fait, le livre de Corinne Maier pose le problème de l'inévitable mutation du fonctionnement des entreprises dans un climat économique marqué par l'accroissement de la compétition mondiale, la démotivation de générations dupées -directement ou via leurs parents, ratiboisés par des plans sociaux inattendus- par des discours de mobilisation entrepreneuriale (...). Ce pamphlet nous oblige à nous poser la question d'une société qui ne sait plus se passer des biens qu'elle propose mais qui apprécie de moins en moins la façon dont elle les produit et les processus qui permettent à chaque individu de se les approprier. Apprendre à triompher de cette schizophrénie sociale pourrait bien être un des défis essentiels des années qui viennent."

Qui suis-je, où cours-je, dans quel état j'erre? … par Crumb

Epoustouflant duo, sous le crayon de Crumb: d'un côté Flakey Foont, hypersensible – le moindre souffle de vie le fait vaciller sous un fatras de questions. Il se liquéfie en permanence, le visage dévoré par l'angoisse. De l'autre, Natural, le mentor; longue barbe et robe de bure, ce pourrait être le type de Dieu que l'on voit dans les BD, ou un de ses représentants sur terre, ou un coach ou un gourou, ou un psy. Il donne des réponses laconiques, mais non dénuées de sens, tel la pythie, ou le sphynx...


(Extraits de Mystic funnies n°1, éds Psikopat)

Crum0004

>>suite 

La difficulté d'être soi (Crumb, suite)

Crum0005 (Extraits de Mystic funnies n°1, éds Psikopat)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

>>suite

Homme liquéfié dans la "modernité liquide" (Crumb, suite et fin)

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Extraits de Mystic funnies n°1, éds Psikopat)

 





>>voir aussi Zygmunt Bauman et la "modernité liquide"

L'hindouisme comme le vivent les balinais


Bali Hindouisme offrande "Les thèmes majeurs de l'hindouisme s'accordent à merveille avec un système de croyances pour lesquelles le monde est partout peuplé d'esprits. Un peuple qui, depuis toujours, a cru que chaque buisson, chaque volcanBali hindouisme rizière est habité par un esprit, que tout événement notable, heureux ou malheureux, est la manifestation d'une intelligence invisible, ne peut avoir eu de grandes difficultés à assimiler une philosophie dont l'enseignement nous parle d'une âme universelle, dont nous, humains, sommes la manifestation corporelle temporaire, comme le sont toutes les créatures vivantes."

                                                              Bradley Winterton

Savoirs numériques: suivez la guide

Dans ce site ("Les savoirs numériques"), créé par une documentaliste de l'Aveyron, vous trouverez toutes (ou presque) les ressources disponibles en ligne sur les savoirs numériques. "Le butIllustration de L'Encyclopédie de ce portail est de présenter les ressources et les flux liés aux thématiques générales des savoirs numériques et des notions info-documentaires."


Partage des savoirs...

L'argent et les mots

Copie de Ouvrière textile CPS0001



"Il me semble que l'argent démontre jusque devant ma page blanche sa toute-puissance, déjà éprouvée dans l'usine : il n'a pas seulement la capacité de garantir ou de menacer mon existence, mais aussi celle de censurer mon discours; et je suis incapable de trouver, pour parler de lui, les mots qui me permettraient d'exprimer autre chose que le fait de ne pas en avoir assez (...) J'ai pu constater chez mes collègues qu'ils étaient capables de trouver des mots pour tout sauf pour une chose, qui pourtant existe indiscutablement : ce rêve qui s'exprime de façon balbutiante, dans les instants où toute objectivité se perd."


                                         Miklos Haraszti
                Salaire aux pièces, ouvrier dans un pays de l'Est Eds du Seuil, 1976

(Photo extraite de "Chanter pour survivre")

Freud, le roman familial et le mythe

Dans "Le roman familial des névrosés" (1909), Freud montre comment l'enfant "se raconte une histoire" sur sa famille, ouvrant ainsi un "espace de jeu" qui va lui permettre de se détacher de ses parents. Freud établit un rapport entre ce "roman familial" et le mythe. Quelques extraits:


"Que l'individu au cours de sa croissance se détache de l'autorité de sesPhoto de famille Roman familial parents, c'est un des effets les plus nécessaires mais aussi les plus douloureux du développement. Il est tout à fait nécessaire que ce détachement s'accomplisse et l'on peut admettre que chaque être humain ayant évolué normalement l'a, dans une certaine mesure, réalisé. En vérité, le progrès de la société repose d'une façon générale sur cette opposition des deux générations. D'un autre côté, il est une classe de névrosés dont on peut reconnaître que l'état est conditionné par le fait qu'ils ont échoué dans cette tâche.(…)"
"Dans ces motions psychiques de l'enfance, consciemment remémorées, nous trouvons le facteur qui nous rend possible la compréhension du mythe." (…)
"…toutes ces fictions, apparemment si hostiles, ne témoignent pas en vérité d'une intention si mauvaise mais préservent, sous un léger travestissement, la tendresse originelle que l'enfant conserve pour ses parents."

>>Voir aussi De Gaulejac: "L'individu est le produit d'une histoire dont il cherche à devenir le sujet"

Like a rolling stone, version Rolling Stones

 

"Comment ça fait/ comment ça fait / de se retrouver seule / sans foyer, à la rue / une parfaite inconnue / Comme une pierre qui roule."


>> Voir aussi: "Like a rolling stone"… de l'errance à la co-errance" et "Une épopée de notre époque"



The rolling stones - like a rolling stone
Clip réalisé par Michel Gondry
 
 

Léotoing

 

0510_lotoing 
A quelques kilomètres de l'autoroute A75, nous voilà au bout du monde. Les ruines d'un très ancien château, une charmante petite église romane... et le chemin s'arrête. Au loin, on devine les vastes espaces du Cézallier, comme un océan d'énormes ondulations. Dans la vallée à nos pieds, serpente tranquillement l'Alagnon. Et là, au cœur du hameau, les habitants luttent depuis des années pour entretenir la vie dans cet ilot suspendu au bord du monde...

Trop d'âme nuit gravement à la santé!

« Voilà où t'a amené ton âme ! Un cadavre vivant ! » Elle s'approche de la cachette : «C'est ta maudite âme qui te cloue à terre, ma syngué sabourl», reprend son souffle, «et ce n'est pas ton âme à la con qui, aujourd'hui, meAtiq Rahimi Prix goncourt 2008 protège. Ce n'est pas elle qui nourrit les enfants.» Elle écarte le rideau. «Tu sais comment est ton âme en ce moment? Où elle est? Elle est là, suspendue juste au-dessus de toi.» Elle fait un signe vers la poche de perfusion. «Oui, elle est là, dans ce liquide sucré-salé, et nulle part ailleurs


                                        Atiq Rahimi, Syngué sabour éds POL

 

>> voir aussi:  Atiq Rahimi. Pierre de patience

"Objectif-culture.com", site ressource et carrefour

Un site consacré aux réseaux d’informations, à l’emploi et à la veille informative dans les secteurs de la culture et des ntic.

Créé en 2005, objectif-culture.comest une initiative associative qui mise sur le développement d’un Internet favorisant la mise en réseau des savoirs et des compétences au service d’une communauté d’intérêt : veille sur l’emploi culturel, annuaire de liens sélectionnés et commentés, librairie, etc.

Objectif Culture

Dubet: "Ce travail qui ne se fait plus dans la société, on demande aux individus de le faire"

"Deux exemples:

- La famille: Nous avons connu la famille du type de celle du roman du 19ème : vous avez votre rôle et on vous demande d'habiter votre rôle social: père, mère, etc…. De Singly, Kauffman disent: ce n'est plus du tout cela. La famille existe dès lors que les individus se mettent en action pour la fabriquer; ce n'est plus quelque chose qui prééxiste, quelque chose qui se construit.

-  L'école: pendant très longtemps  on eu l'idée qu'une culture universelle allait permettre aux individus d'entrer dans la société; ça ne marche plus; c'est le désajustement total. Plus personne ne peut dire ce qu'est l'universel.

Avant, la classe c'était : "Sortez vos cahiers, je dicte". Aujourd'hui: "Entre les murs": l'enseignant essaie de construire une relation qui va permettre de faire la classe.

Les individus ne sont plus écrasés par les institutions, mais par l'obligation de se mobiliser, de faire ce que la société ne fait plus. On est passé duu modèle transcendant (la société domine et écrase)Dubet Travail des sociétés au modèle immanent.

Weber, Durkheim quittent le monde communautaire, des dieux, et sont pris d'une véritable panique : nous entrons dans un monde sans organisation, sans morale et au fond ils sont profondément angoissés (Durkheim était neurasthénique, et Weber a passé beaucoup de temps à se faire soigner). Ce n'est pas anecdotique. Nous avons la même angoisse face au déclin de "la société".

L'individu a la charge de "faire société"? Alors, la bonne société est celle qui permet aux individus de faire ce travail. La bonne école est celle qui éduque les élèves de sorte qu'ils puissent construire leur vie de façon maîtrisée, et plus celle qui leur donne la culture universelle et les adapte à leur position. Les institutions doivent être centrées sur ce qu'elles font aux individus. Ce n'est pas aux individus de se plier à la rationalité supérieure des institutions, c'est aux institutions de permettre aux individus de réaliser ce qu'on attend d'eux. "

                       Francois Dubet, Entretien à propos de "Le travail des sociétés"

 

> Visionner l'entretien

Dubet: ce qui est en travail dans nos sociétés, et le décalage de la Gauche

"On a quitté ce monde-là et ça nous met dans un grand désarroi. La GaucheLien social s'était identifiée à ce récit: classes + démocratie + progrès social => renforce l'intégration. Or cela se délite.
Comment tout cela tient, fait société, alors que ce n'est plus "ce grand machin"? La gauche a toujours eu l'idée qu'une connaissance scientifique de la vie sociale accélérerait le progrès, rationnaliserait l'action sociale… Si gauche en crise à peu près partout, c'est que le socle de cette argumentation se défait.
La gauche pensait que les institutions nous faisaient accéder à l'universel, comme l'école, par exemple. La gauche n'a plus grand chose à dire parce que cela ne colle plus.

Ce travail qui ne se fait plus dans la société, on demande aux individus de le faire. " >> lire la suite

 

   Francois Dubet, Entretien à propos de "Le travail des sociétés"

 

> Visionner l'entretien

Le sociologue comme théologien de "la grande horloge"

"Newton1Pendant longtemps on a cru qu'il y avait une horloge, un dieu caché qui organisait la vie sociale: la société. Les pères fondateurs de la sociologie estimaient qu'il y avait des lois cachées et qu'on pouvait les révéler. Il y avait une structure et une culture que les individus intériorisaient, et qui les fabriquait comme individus.

Les sociologues ont inventé cela quand on a quitté le monde des communautés, et qu'on est rentré dans les sociétés industrielles, démocratiques, nationales.

Aujourd'hui, avec la mondialisation, la pluriculturalité, l'individualisation, il me semble que cette représentation de la vie sociale ne tient plus.

Les sociologues sont les théologiens de ce modèle, de la même manière que Newton disait "Je vais découvrir les desseins de Dieu dans les lois de l'Univers", les sociologues disent "Je vais découvrir les lois de la vie à travers la société". "

>> lire la suite de l'entretien

 

   Francois Dubet, Entretien à propos de "Le travail des sociétés"

 

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