C'est une femme déjà un peu âgée. Elle travaille encore pour arrondir sa retraite d'institutrice.
Assise sur un pliant dans le hall d’une grande gare elle écrit pour ceux qui ne connaissent pas l’écriture. Il y a aussi un enfant et sa mère, qui dictent toutes les semaines à l’intention d’un père disparu des lettres que la femme n’envoie jamais. Puis tout bascule. La mère de l’enfant est broyée par un bus devant son fils et devant la femme. L’enfant se retrouve seul au monde dans la ville aux millions d’habitants. La vie sans doute a meurtri la femme et l’a rendue désabusée et cynique, au point que son premier réflexe sera de vendre l’enfant perdu. Mais pour elle aussi tout bascule. Elle reprend l’enfant. Ils partent à la recherche de son père en un long voyage à travers le Brésil. La femme va aider l’enfant à retrouver ce qu’il lui reste de famille. L’enfant va aider la femme à retrouver son humanité, et le goût à la vie. Telle est l’histoire que nous raconte le film Central do Brasil (réalisation Walter Salles) qui connut un gigantesque succès au Brésil, et un succès plus qu’honorable partout ailleurs. 
Les pratiques d'autorisation existent ici, dans nos sociétés à haut niveau de vie, mais aussi dans les autres régions en beaucoup plus grande difficulté. On est frappé en voyageant dans ces pays où le niveau de vie dérive dangereusement autour du minimum vital, par la quantité d'initiatives, de bricolages, de systèmes de relations qui sont mis en place pour vivre malgré tout. Dans le film Central do Brasil, Walter Salles raconte comment la détresse extrême fait se rencontrer deux êtres humains. Le choix de partir à la recherche du père disparu est l'étincelle qui fait renaître l'humanité là où tout espoir semblait avoir disparu. 


Voir aussi sur le Brésil: Malandragem