Si je fais du bien, un don par exemple, cela me reviendra un jour. Cette idée existe dans différentes religions (voir par exemple l'aumône chez les musulmans). Les théories interactionniste et systémique confirment ce genre d'effet en retour quand on intervient en un point d'un système; on appelle cela l'effet papillon : quand un papillon bat des ailes en un point du globe, cela déclenche un courant d'air de l'autre côté de la terre.
Mais bien sûr, ce qui est vrai pour "le bien" l'est aussi pour "le mal". C'est ce que nous raconte fort bien le film Baril de poudre, au titre prémonitoire puisqu'il est sorti au moment où se développait la guerre du Kosovo. Un type participe à un acte de violence contre un couple. La scène suivante on le retrouve lui-même poursuivi parce qu'il s'est trouvé au mauvais moment là où d'autres types volaient de l'essence. Acculé à une impasse, il
grimpe au grillage en hurlant : "Je ne suis pas coupable!". Le spectateur sait, lui, de quoi il est coupable : d'avoir contribué activement au désordre général.
Film de Goran Paskaljevic (Yougoslavie/France/Turquie, 1998)
Scénario : Goran Paskaljevic et Dejan Dukovski
Prix de la critique, Venise 1998; Meilleur film, Prix européen de la critique 1998 ; Grand Prix du Festival d'Haïfa 1998 ; Grand Prix du Festival d'Antalya 1998