On a assisté tout au long du 20ème siècle à une baisse de la fréquentation des églises, liée d'ailleurs au phénomène plus général que l'on a pu nommer "déclin des institutions". De là est née l'image d'une perte de sens et d'une défaillance de la symbolique collective. En réalité, il s'agit plutôt d'un déplacement que d'une perte. Les études de ces dernières années constatent un éparpillement du croire : il se manifeste de plus en plus comme une construction personnelle que comme l'appartenance à une institution confessionnelle ou politique. On assiste à une diversification des trajectoires parcourues par des croyants en mouvement.
"Cette pulvérisation des identités religieuses individuelles n'implique pas l'effacement ou même la disparition à terme de toute forme de vie religieuse communautaire. Bien au contraire, alors que les appareils des grandes institutions religieuses apparaissent de moins en moins capables de régler la vie de fidèles qui revendiquent leur autonomie de sujets croyants, on assiste à une efflorescence de groupes, réseaux et communautés, au sein desquels les individus échangent et valident mutuellement leurs expériences spirituelles. Les formes de ce déploiement associatif, qui se manifeste autant à l'intérieur qu'à l'extérieur des grandes confessions religieuses, sont extrêmement variées." Danièle HERVIEU LEGER, sociologue Le pèlerin et le converti.
>> Voir aussi "Le réaménagement des croyances"