"Au départ, c’est un outil fonctionnel destiné à émettre et recevoir des appels. Mais, rapidement, il a été transformé en « objet transitionnel », un concept inventé par le psychanalyste Donald W. Winnicott pour désigner un objet faisant lien entre l’enfant et sa mère, le moi et le monde extérieur – doudou, couverture fétiche, mouchoir imprégné de l’odeur maternelle.
Les trois quarts du temps, son usage est purement émotionnel et affectif : « T’es où ? Qu’est-ce que tu fais ? » Deux petites phrases dont le seul but est de nous rassurer sur l’existence de l’autre en son absence. A l’instar des rollers, le portable sert à dénier la séparation et à rester relié en permanence, comme le nourrisson avec sa maman."
Commentaire de la revue "Psychologie" d'où est extrait ce texte : "C’est la régression généralisée, dans les comportements, la mode, l’alimentation, et, ne serait-ce que de façon très minime, nous sommes tous concernés. Robert Ebguy, sociologue, propose dans “La France en culottes courtes”, une analyse aussi inattendue que réconfortante : cette régression, loin de représenter un péril pour notre équilibre psychique, serait une étape vers une vie authentiquement créative et autonome."(> Lire l'entretien)
>>Voir aussi "Le téléphone portable, objet rituel, objet... sacré"