Les spécialistes du marketing depuis une dizaine d'années connaissent l'efficacité du consomm'acteur : le consommateur qui fait ses choix en connaissance de cause a commencé à remplacer la consommation de masse. De même, les grandes entreprises ont intégré le nouveau rôle de l'initiative individuelle dans la conduite des projets; elles ont mis au point des méthodes pour animer cette intelligence collective dans laquelle la personne joue un rôle déterminant (Voir "KM, intelligence collective"). Les journalistes et les chercheurs en Sciences Humaines eux aussi ont à faire avec le citoyen chercheur (et maintenant réadacteur de blogs) disposant de multiples sources de documentation. La classe politique est maintenant interpellée de la même manière : arrive le citoyen acteur qui prend ses décisions sur la base de l'abondance d'informations dont il dispose, dans une interaction invisible, inorganisée, mais bien présente avec les autres citoyens acteurs.
Le référendum sur la constitution européenne est un exemple récent de ce phénomène:
"Le non a eu un mérite inattendu, écrit François Lenglet dans l'éditorial des Enjeux - Les Echos de janvier 2006 . Les électeurs, récusant un avenir qui leur semblait préfabriqué, ont fait éclater la crise française au grand jour. Une crise qui touche aux vastes lacunes de notre modèle social, aux insuffisances de notre politique d'intégration et aux vices de nos institutions. 2005 aura donc signé la fin du déni. Cela ne suffit pas à faire de 2006 l'année de la reconstruction, mais c'est un préalable nécessaire."
Certains se demandent même si le vote de 2002 ne relevait pas de la même intelligence interactive, visant à secouer des élites trop sûres d'elles et peu à l'écoute de ce que vivent "les gens" ?
Voir aussi "Passivité politique et TIC "