Bruno Bettelheim, psychanalyste, est connu pour ses travaux sur les camps de concentration et l'autisme. Sur ces deux questions, il avait eu une expérience personnelle : il avait accueilli un jeune autiste dans sa famille, et il passa plus d'un an dans des camps de concentration en Allemagne, avant de partir pour les Etats-Unis. Là, le gouvernement lui commanda une étude sur les conduites en situation extrême, pour la formation des militaires, sur la base de son expérience des camps. Deux livres sont issus de ce travail : "Le cœur conscient" et "Survivre". C'est la force intérieure, le travail sur soi, qui permettent de survivre, estime-t-il. Ce point de vue fut contesté, notamment par Michaël Pollack, sociologue français, qui à partir d'entretiens avec des rescapés des camps montra que c'était plutôt la capacité à créer des liens, à faire réseau, qui permettait de survivre. On arrive aujourd'hui à quelque chose qui est une synthèse entre les deux.
Si l'on peut nier l'humain en créant un contexte approprié comme Auschwitz, on peut tout autant le guérir en créant de toutes pièces un contexte qui permet de se construire. C'est dans cet esprit que Bettelheim créa l'Ecole orthogénique de Chicago destinée à soigner les enfants atteints d'autisme. Daniel Karlin fit un reportage sur cette école qui rendit Bettelheim célèbre en France et en Europe. Si des livres comme "Psychanalyse des contes de fée" ont eu un très bon accueil, ses propos et son institution sur l'autisme restent fortement controversés.