Curieux fait divers au centre de la France : un homme est accusé de sept braquages,
dans des casinos, agences bancaires, hôtels. Il prépare ses coups avec une précision militaire, c’est un ancien légionnaire, mais... il sème derrière lui comme le Petit Poucet des indices qui permettront de l’arrêter. Curieuse stratégie de l’araignée. Il se présente armé d’un Beretta (modèle alarme, mais bien dissuasif), sans cagoule, sans gants, et a même donné son n° de téléphone. Mieux encore, il a fait des confidences à certaines de ses victimes, racontant son histoire (la délinquance, la Légion, les braquages), expliquant qu’il fait cela pour subvenir aux besoins de sa femme et de sa petite fille.
Au procès, il déclare : «Il y a des terroristes religieux, moi je suis un terroriste social. On ne peut pas vivre dans un monde où la loi du plus fort règne».
Le phénomène du désespéré justicier n’est pas nouveau, mais on peut se demander si en l’absence de modes d’expression collectifs et régulés du mal-d’être et de la souffrance sociale, ce type d’engagement (et de prise de parole, puisque c'est aussi de cela qu'il s'agit) ne va pas s’amplifier, sous les mêmes formes violentes (contre «la société» et contre soi-même : voire les voitures brûlées dans les cités), appelant une répression accrue, qui elle-même débouchera sur une violence plus organisée...
Commentaires