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Résiliences: de la négation à l'autorisation

L'homme et la femme brisés, exilés, niés, exclus, retrouvent au plus profond d'eux-mêmes des ressources intérieures dont ils ignoraient l'existence. Ils y puisent la force gigantesque qui permet de dresser la tête hors de la boue, se lever et marcher : revivre dans la dignité. Les inégalités et l'exclusion sont la source la plus puissante de la culture de Giacometti1 l'autorisation. Quantité de récits sous toutes les formes possibles racontent cette histoire de l'épreuve dont l'homme courbé ressort plus grand et plus vivant, récit des origines sans cesse renouvelé. On trouvera ci-dessous des témoignages issus du Brésil, puisque l'année 2005 lui était dédiée : Malandragem et Central Do Brasil. Malandragem nous raconte en musique des histoires de jeunes aux destins sans issue qui dansent des mouvements cassés (break dance). Autre témoignage, historique :  Chanter pour survivre : au plus fort de la Révolution Industrielle à Roubaix, la journée de travail durait 14 h et les enfants travaillaient dès le plus jeune âge, et...on "chantait pour survivre" et on faisait carnaval !
La culture de l'autorisation prit une ampleur et un sens particuliers à la suite de la 2ème guerre mondiale, quand on sut que l'homme moderne savant et cultivé pouvait massacrer son prochain par millions en bonne conscience. On apprit aussi que même à Auschwitz on pouvait survivre. Ces extrémités impensables ont inspiré de nombreuses inventions quant à la manière de vivre dans le monde moderne. Après l'horreur des camps, passée la reconstruction, la modernité reprit son essor, mais tout ne pouvait plus être comme avant… Un intense travail était à l'œuvre. Et aujourd'hui chaque crise voit agir et se développer une intelligence interactive sous des formes souvent imprévisibles, et en tous cas très surprenantes au regard de tout ce que nous connaissons de la politique et la stratégie. 

Photo: Giacometti: L'homme qui chavire.