Une particularité notoire du groupe d'intervision : c'est un lieu hors enjeux (financiers, institutionnels, etc…), animé par une personne qui elle-même n'est pas du tout impliquée dans les enjeux locaux.
L'intervision, comme la télévision, est un puissant moyen d'émettre et de recevoir informations et émotions, à part qu'il n'y a pas besoin de caméras, d'antennes ni d'émetteurs, ni de téléviseur. Nous sommes entre nous, directement de personne à personne. Plaisir de cette rencontre… et aussi difficulté : il s'agit d'écouter, parler, se dire, comprendre la logique de l'autres, interagir. C'est en quelque sorte une formation réciproque, chaque acteur étant à un moment formateur pour les autres acteurs. C'est aussi, tout simplement, un moment de rencontre, où l'on met en circulation les émotions accumulées, sans intermédiaire, et dont on ressort toujours un peu transformé.
Les échanges se situent aussi à un second niveau : celui du recul, de la distanciation : "lever le nez du guidon". On quitte un instant les urgences, les impératifs institutionnels et financiers, et l'on met sur le tapis les questions de fond que l'on n'a pas habituellement le temps ni l'occasion d'aborder. Mon rôle en tant qu'animateur et en tant qu'ethnologue consiste d'abord à écouter, mais également à proposer des repères et interpeller les participants.
L'objectif de ce petit livre est d'ouvrir le cercle en racontant simplement ce qui s'est dit et travaillé durant cette année d'intervision.