"Deux exemples:
- La famille: Nous avons connu la famille du type de celle du roman du 19ème : vous avez votre rôle et on vous demande d'habiter votre rôle social: père, mère, etc…. De Singly, Kauffman disent: ce n'est plus du tout cela. La famille existe dès lors que les individus se mettent en action pour la fabriquer; ce n'est plus quelque chose qui prééxiste, quelque chose qui se construit.
- L'école: pendant très longtemps on eu l'idée qu'une culture universelle allait permettre aux individus d'entrer dans la société; ça ne marche plus; c'est le désajustement total. Plus personne ne peut dire ce qu'est l'universel.
Avant, la classe c'était : "Sortez vos cahiers, je dicte". Aujourd'hui: "Entre les murs": l'enseignant essaie de construire une relation qui va permettre de faire la classe.
Les individus ne sont plus écrasés par les institutions, mais par l'obligation de se mobiliser, de faire ce que la société ne fait plus. On est passé duu modèle transcendant (la société domine et écrase) au modèle immanent.
Weber, Durkheim quittent le monde communautaire, des dieux, et sont pris d'une véritable panique : nous entrons dans un monde sans organisation, sans morale et au fond ils sont profondément angoissés (Durkheim était neurasthénique, et Weber a passé beaucoup de temps à se faire soigner). Ce n'est pas anecdotique. Nous avons la même angoisse face au déclin de "la société". L'individu a la charge de "faire société"? Alors, la bonne société est celle qui permet aux individus de faire ce travail. La bonne école est celle qui éduque les élèves de sorte qu'ils puissent construire leur vie de façon maîtrisée, et plus celle qui leur donne la culture universelle et les adapte à leur position. Les institutions doivent être centrées sur ce qu'elles font aux individus. Ce n'est pas aux individus de se plier à la rationalité supérieure des institutions, c'est aux institutions de permettre aux individus de réaliser ce qu'on attend d'eux. " Francois Dubet, Entretien à propos de "Le travail des sociétés" > Voir aussi: "Crise des partis politiques, crise conceptuelle: économie et anthropologie "