Les chansonniers roubaisiens des années 1900 sont pour nous un témoignage précieux de ce que fut "la ville américaine" (ainsi nommée car l'industrie fit pousser Roubaix comme un champignon en quelques décennies) à l'époque de la Révolution Industrielle.
Eminem chante Detroit après le reflux de l'industrie automobile. Que reste-t-il de ce qui fut la plus grande ville industrielle du monde?
"Paysage de ruines industrielles et lieu même de la dilution du rêve américain promis par les grandes firmes automobiles, c’est une interzone crépusculaire, à l’image de son esprit. Enfant de la ville la plus ségréguée des États-Unis, né sans père et élevé par une mère toxicomane, il veut personnifier, en poupées gigognes, la décadence de sa famille, de l’underclass blanche, de sa ville et du pays d’en bas. En exergue du vidéo-clip de « Beautiful », entièrement réalisé dans l’espace apocalyptique de la capitale du Michigan, il rappelle que, jadis, sa ville était « la plus grande ville industrielle du monde ». La vision qu’il offre de son monde est dominé par l’angoisse. Lorsqu’il nomme Detroit « Amityville » en référence à un film d’horreur ou lorsqu’il en fait un ailleurs d’apocalypse dans lequel des hommes zombis ne sont plus que des ombres, il offre une critique puissante de la réalité sociale des années 2000, d’autant plus qu’il n’épouse pas les règles de la représentation exacte de la réalité." (extrait d'un article de Sylvie Laurent dans La vie des idées).