L'étonnante Histoire que nous vivons (en guise d'introduction à ce blog-journal de terrain)

Les hommes et les femmes consacrent beaucoup de temps et d'énergie àUnesco_partage_des_connaissaces échanger  des histoires. Des petites, des grandes, des légères et des graves. C'est sans doute un besoin vital, un "invariant anthropologique". Quelque chose qui nous tient debout et nous tient ensemble, et qui met de la couleur dans le quotidien.
Certaines histoires aident à résoudre les problèmes et à traverser les épreuves. D'autres vous plongent dans le brouillard et vous laissent sans voix, sans vie. Jusqu'ici, les premières l'ont toujours emporté.

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Kamini: le rap rural comme ethnologie du proche...


Rap Kamini Marly-Gomont
Vidéo envoyée par bhads

Kamini un rappeur de campagne à ne pas manquer!

Le travail nouveau est arrivé, et avec lui, "l'électeur imprévisible"

Europe Nos sociétés sont "en travail". C'est quoi, ce travail? Toutes les questions que se posent les personnes et les organisations sont «mises en travail», analysées sous toutes les coutures, discutées, controversées et on arrive à la production d'un sens commun interactif d'une grande intelligence. C'est particulièrement visible à l'occasion d'un événement comme par exemple le geste de Zidane lors de la coupe du monde. Cette histoire digne d'une épopée mythologique a donné lieu à un grand nombre d'articles et d'interventions à la radio, à la télé, et à un incroyable débat national dans les foyers, les clubs de sport, les lieux de vacances, sur le net: toutes les dimensions sportives, éthiques, psychologiques, etc… ont été débattues dans le détail. Je prends cet exemple parce qu'il montre que tout événement quel qu'il soit, dans n'importe quel endroit de la société et n'importe quel lieu du monde, peut-être l'occasion d'un "travail sur soi" de notre société. Sur la canicule, sur le CPE et quantité d'autres sujets, la presse et tous les médias se font colloque et forum; on rencontre dans notre cuisine ou notre salon experts et quidams ordinaires et le sujet se déconstruit, se reconstruit… Et ainsi prend forme un sens commun dont les effets politiques commencent depuis quelques années à se faire sentir (Voir: "L'électeur imprévisible").
La chanson, avec ses petites rengaines plus ou moins légères, est depuis toujours un Diams2 lieu où sont traitées nos questions graves ou superficielles*, et je ne parle pas du cinéma** ou des séries télévisées. De même la presse people, comme le montra voici quelques décennies le sociologue anglais Richard Hoggart.
Diams a fait polémique quand elle a chanté "C'est pas l'école qui m'a dictée mes codes".  Le problème qui est posé derrière ce débat-là, me semble-t-il, c'est le décalage entre les institutions chargées de la vie collective (éducation, administration, politiques), et le sens commun en travail partout autour – ce décalage est certainement une des causes de la morosité ambiante.
Les enfants apprennent beaucoup de choses sur l'existence en dehors de l'école, et aussi en dehors de la famille. C'est bien, ce n'est pas bien? C'est en tous cas une réalité. Pourquoi ne pas faire un peu plus de place dans les programmes à l'école, Aveugle dans les collèges et les lycées aux apprentissages théoriques et pratiques sur l'environnement humain? Ce qu'est la vie d'un groupe, d'une organisation, et leurs relations avec la personne; ce qu'est l'imaginaire collectif, comment on peut faire mal avec des mots autant qu’avec les poings, et comment on peut développer du bien-être avec peu de choses... Il serait je crois judicieux de s’inspirer de ce qui se fait à propos de l'environnement naturel.
Car finalement, ce que nous avons de plus riche à transmettre aux jeunes générations, c'est cette ressource que nous produisons en abondance : la capacité de "travailler sur nous". Grâce à cette compétence, nous sommes une société d'une grande vitalité.

* Exemples et explications: Grand corps malade, Camille, John Lennon, Dylan, Guthrie, Cabrel; Chanson et hypertexte

** Exemples et explications : Billy Elliott, Million dollar baby, Le monde de Narnia, Central do Brasil, Baril de poudre.

Comment fait-on pour s'y retrouver dans ce blog?

Masque_africain1_1 Comment fait-on pour s'y retrouver dans votre blog? C'est la question que m'ont posée plusieurs visiteurs. Je dois reconnaître qu'en son état actuel, le blog a plutôt l'allure d'un tas de notes, avec quelques flèches (les catégories) qui conduisent à d'autres tas, plus petits, de notes… On passe "sans transition" des réponses sévères d'Alain Touraine sur "Le nouveau paradigme" aux questions légères (?) des Vingtenaires sur leurs "liaisons foireuses". Mais n'est-ce pas ainsi que se présente à nous l'information quand nous naviguons sur la toile, de site en blog? Et plus généralement n'est-ce pas ainsi que se présente la réalité du monde par les mille canaux qui nous en informent?

Or il apparaît de plus en plus évident que "les gens" ne sont pas si perdus qu'on le dit : ils se construisent des repères et des outils de navigation, et ce travail de construction est en train de devenir un "sens commun" qui surprend quand on le voit à l'oeuvre...
Mon métier d'ethnologue consiste à comprendre comment "les gens"  (ethnos en grec) s'y retrouvent et à les accompagner dans le "travail" par lequel ils cherchent à  mettre de la cohérence dans leurs activités et "faire société". Dans ce site, il s'agit pour l'instant de faire un premier tri parmi la masse importante d'information existant sur la culture de l'autorisation : je fais des petit tas par catégories thématiques. Après il faudra affiner la présentation, mettre des panneaux de signalisation. Merci aux visiteurs d'avoir de la patience pendant ce travail d'accumulation!

Comment saisir la complexité du monde? En s'autorisant...

"Je pense que notre culture a besoin d'un art de l'exposition de soi, seul capable de permettre à chacun de rencontrer l'autre et de saisir la complexité du monde, comme une chance pour mieux comprendre sa propre complexité."

                                   Richard Sennett

(Extrait d'un entretien avec Thiery Paquot publié en 1994 par l'IUP d'urbanisme de Paris (Université Paris 12))

Voir aussi > "Richard Sennett : le rôle des institutions dans la création des "histoires de vie"" et "Sociologie et art de raconter"

Premières rencontres nationales du blog citoyen

Prix du blog citoyenComment chacun, là où il se trouve, avec ses moyens, ses compétences, ses qualités et ses défauts, peut-il participer à la vie de la cité? C'est la question qui est posée dans ce blog intitulé "La culture de l'autorisation". C'est pour cette raison que je me suis autorisé à présenter aux 1ères Rencontres nationales du blog citoyen (pour le plaisir d'en être!) ces quelques pages venues d'Auvergne. 

A titre d'exemple: 

Lieux moroses et lieux vivants  /Les Inconnues des Hautes terres: se rencontrer et se reconnaître

Une petite action locale contre l'obésité / Lucile et l'engagement de l'ethnologue

Laguiole et la culture de l'autorisation  / Déserts des villes, déserts des champs

Identité des territoires et habitude de travailler ensemble.

Bonne visite...

En savoir plus sur la philosophie de ce blog

>>La culture de l'autorisationPommes6wa

   > Les histoires que nous nous racontons

   > De la négation à l'autorisation (résiliences)

   > Nouvelle culture et partage des connaissances

> Les lieux de la culture de l'autorisation

>> Journal de terrainPommes6w

>> Mode d'emploi

Image: Huile sur bois de Julia Billet

Nouvelle culture et partage des connaissances

Comment nommer cette nouvelle culture ? Toutes les tentatives pour la Unesco_partage_des_connaissacesfaire tenir dans une appellation, une théorie, une école, s'avèrent impuissantes : le mouvement est trop foisonnant, ses manifestations trop nombreuses et multiformes pour pouvoir tenir dans une définition. Pas de risque donc pour l'instant d'en faire un dogme!

L'objectif modeste de ce blog est de témoigner et de partager : mettre à la disposition des personnes intéressées par ce mouvement de nos sociétés les quelques connaissances que je possède, et échanger.

J'utilise pour ma part l'expression de "culture de l'autorisation", dans le sens suivant : "je m'autorise à aménager le monde autour de moi, à créer du sens et du lien pour réguler mes équilibres personnels et les équilibres collectifs auxquels je participe".

Ray et Anderson appellent "Créatifs Culturels" les acteurs de cette nouvelle culture : des gens qui créent de la culture (au sens anthropologique du terme), de la société. Le CCA de Cathelat utilise l'expression "autocentrés". Chez les sociologues, ont parle de constructivisme et de Capital social pour nommer ces interactions crées par les personnes. Michel Cartier et d'autres parlent de "personnalisation" de la société. Alain de Vulpian voit dans ce mouvement des gens ordinaires plus qu'un changement de valeurs, de même qu'Alain Touraine, parlant d'un "nouveau paradigme".

Le web est utilisé ici comme un bon outil pour témoigner et partager ces savoirs en mouvement.

La photo est extraite du site de l'UNESCO, à la page où il présente son objectif stratégique 9 pour 2002-2007: "Renforcer les liens entre culture et développement, par le renforcement des capacités et le partage des connaissances". Légende de la photo: "La langue maternelle un système de connaissance qui se transmet de génération en génération. Pakistan".

Journal de terrain

                             EncrierCe blog est conçu comme un journal de terrain :  on y trouvera des notes prises au cours d'enquêtes, des réflexions inspirées par un événement, et des analyses issues de mes propres travaux ou bien provenant de lectures ou de rencontres.
Deux entrées pour le visiter : 
1. Les catégories (colonne de gauche) : en cliquant une des catégories vous arrivez à un ensemble de notes sur un même thème.
2. Le moteur de recherche (colonne de droite) : vous entrez un ou plusieurs mots-clés et vous arrivez à des pages du site, présentées selon le modèle habituel de Google.

Image empruntée au site "vocalises.net"

La culture de l'autorisation

Pommes5w222_1 Ils (elles) s'autorisent à créer du sens et du lien là où ils sont, avec les moyens dont ils disposent. Chronique de ces multiples itinéraires personnels, devenus aujourd'hui une culture : la culture de l'autorisation.

         Franchir le pas...

    En naviguant dans ces pages, vous trouverez le récit de leur aventure, petite (voire minuscule), ou grande : comment à l'occasion d'un événement, ou bien tout simplement de façon habituelle et ordinaire, simple quidam ou autorité décisionnelle, ils (ou elles), se sont autorisés à aménager le monde autour d'eux.

                               ...Raconter.

     Artistes, journalistes, écrivains, chercheurs, cinéastes ou simples quidams, chacun avec ses mots et son talent, ils témoignent de la culture de l'autorisation telle qu'ils l'entendent. Vous les trouverez en allant visiter ce blog dans les catégories qui vous intéressent (colonne de gauche).

> > Les lieux de la culture de l'autorisation

>>Billy Elliott: l'autorisation comme réponse à l'incertitude, et comment jeunes et adultes s'y retrouvent.

>>L'élu et le management participatif

>> Henri Moore et Francis Cabrel: La vie me donne ce que j'attends d'elle.

>> Elle conte aux anciens, "pour s'occuper de moi et des autres"

>> André Valadier, l'Aubrac et la Culture de l'autorisation

Image: Huile sur bois de Julia Billet

Les histoires que nous nous racontons

Les "grands récits" nous disaient ce qu'était le monde et quelle place nousFrdric_clment_padisha2 devions y tenir. Aujourd'hui, chacun est amené à construire son propre point de vue, à s'autoriser à créer le récit qui lui convient : c'est la culture de l'autorisation. Une multitude d'histoires traversent la planète en tous sens et se croisent dans notre quotidien. Mais que racontent toutes ces histoires, et comment elles le racontent? Et c'est quoi, s'autoriser?
Les notes de ce blog ont été prises au gré des "terrains", rencontres, lectures... J'y rajoute quelques panneaux indicateurs, des notions-repères qui sont utiles dans mon activité d'ethnologue.

Image de Frédéric Clément, publiée dans Instants cléments

L'auteur est "celui qui fait croître"

Le mot auteur vient du latin auctor, dérivé du verbe augere qui signifie "faire croître". L'auteur est "celui qui fait croître", "celui qui fonde et établit". L'autorité est le fait d'être auctor, c'est à dire fondateur, initiateur, conseiller, et, dans une transaction commerciale, garant, vendeur, possesseur.

Extrait de "Etre d'ici et du monde" (devenir l'auteur du chemin qui vous relie à la comunauté)

AU COURRIER, et à l'auberge du coin...

@@ Une amie qui a quelques années de plus que moi me dit qu'elle a du mal à comprendre les blogs et autres formes d'expression très personnelles que favorisent les TIC. "Dans ma génération, dit-elle, on connaissait moins ce genre d'individualisme". Je lui réponds que c'est autre chose que du pur individualisme, et qu'on est semble-t-il en train de passer du moi-je (qui arrive à saturation) au moi-nous (qui se cherche).

@@! Lectures croisées. Je reçois régulièrement des présentations de livres qui traitent de sujets proches de la culture de l'autorisation, soit envoyées par des amis, soit trouvées dans des newsletters. Je ne tiens pas de statistiques précises, mais il est clair que depuis quelques années, le rythme de parutions d'ouvrages sur le sujet Xiaolingaugmente régulièrement. Quelques exemples: >> "Lectures croisées 1"

@@! J'ai eu un échange de mails avec Xiaolong, ethnologue et artiste. C'est lui l'auteur de ce portrait de la jeune femme au verre de vin. Il a réalisé une curieuse ethnographie du parapluie (et de l'eau dont il protège) dans la culture chinoise.

Masque_africain1_1 @@! Comment fait-on pour s'y retrouver dans votre blog? C'est la question que m'ont posée plusieurs visiteurs. Je dois reconnaître qu'en son état actuel, le blog a plutôt l'allure d'un tas de notes, avec quelques flèches (les catégories) qui conduisent à d'autres tas, plus petits, de notes… On passe "sans transition" des réponses sévères d'Alain Touraine sur "Le nouveau paradigme" aux questions légères (?) des Vingtenaires sur leurs "liaisons foireuses". Mais n'est-ce pas ainsi que se présente à nous l'information quand nous naviguons sur la toile, de site en blog? Et plus généralement n'est-ce pas ainsi que se présente la réalité du monde par les mille canaux qui nous en informent? >>Lire la suite

     Sniper_small_peur_3                   

@@@!! Courriers précédents: / "C'est quoi un jeune?", sur le blog de "Jarjamatth24"/.Peut-on être otpimiste ?  /   Les vingtenaires et leurs "liaisons foireuses".

Lettreécrivez-le

La culture de l'autorisation, née dans le désert...

Aubrac_0022_1

                   L'expression "culture de l'autorisation" m'a été inspirée par un entretien que j'ai eu avec André Valadier. Ce jour de février 1997, l'Aubrac était recouvert d'une épaisse couche de neige, il m'a raconté comment son pays menacé de désertification, comme quelques autres endroits du Massif Central, avait retrouvé la vie, et aujourd'hui réussissait à garder ses jeunes. Il a parlé du renouveau de la coutellerie, et surtout bien sûr de la laiterie coopérative "Jeune montagne" et de la revitalisation du fromage Laguiole.

A l’origine de la réussite de cette entreprise, il y a un manque, une fracture. Dans les années 60, au plus fort des « 30 glorieuses », ces mots-là étaient peu utilisés. Aujourd'hui, malheureusement, ils sont partout dans nos journaux. A la fin des années 50, l'Aubrac était généralement considéré comme un pays perdu, condamné au mieux à une tiers-mondisation en devenant approvisionneur de matières premières, au pire à la désertification. Les raisons en sont connues : l’Aubrac ne réunit pas les conditions pour s’intégrer dans les grands modèles de croissance.

Après quelques décennies d’expérience, André Valadier arrive à la réflexion suivante : quand on se sent accablé par les manques et que ceux-ci menacent de nous transformer en handicapés du progrès, la réponse est de s’autoriser.

- Il y a deux manières de réagir par rapport au handicap, dit Valadier. Soit on insiste sur ses faiblesses, on abonde dans le sens du handicap et on demande de l’aide. Soit on puise dans la difficulté l’énergie d’entreprendre, pour dépasser les handicaps.

Aubrac0003_2 >>Lire la suite

Lire d'autres extraits sur Laguiole et Valadier 

(Extraits de Laurent MARTY "Etre d'ici et du monde", Eds Freeway Clermont-Ferrand 1998)

Sélection de la semaine

Femmes_1                           

>>Gérard Demuth : du moi-je au moi-nous

>>Transmettre le goût de vivre : A la façon des jeux de rôle, nous sommes les maîtres de jeux, et c'est à nous adultes qu'il revient de définir le monde dans lequel les jeunes vont être les acteurs : quelle histoire leur racontons-nous, quel environnement humain proposons-nous, quel est ce monde dans lequel nous les accueillons?... >>Lire la note.

>>Michel Crozier, blocages, révoltes et réformes dans la société française

Dounia_bouzar_1 >> Dounia Bouzar: Mal-d'être, violence et religion dans les cités : changer de grille de lecture

                     

>>>AU COURRIER...

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