Dans ce clip vidéo, Hans Rosling raconte en 4 minutes 200 ans de relations entre richesse et santé, à l'échelle de la planète!
Pour en savoir plus sur l'histoire de cette "mise en récit" des statistiques par le dynamique chercheur suédois.
Dans ce clip vidéo, Hans Rosling raconte en 4 minutes 200 ans de relations entre richesse et santé, à l'échelle de la planète!
Pour en savoir plus sur l'histoire de cette "mise en récit" des statistiques par le dynamique chercheur suédois.
Vu de l'extérieur, le monde universitaire fait l'effet d'un biotope spécialisé dans la production de " textes " le plus souvent bizarres et totalement éloignés du populaire. Ils vont des rapports de séminaire et devoirs semestriels aux thèses et mémoires d'habilitation, en passant par les mémoires de diplôme ou de maîtrise et aux devoirs de partiels, sans parler des expertises, des projets de recherches, des mémorandums, des projets de structure et de développement, etc. : autant de végétaux textuels qui s'épanouissent exclusivement dans le microclimat de l'Academia - comparables à ces plantes rampantes des hautes Alpes qui survivent à des altitudes où les arbres ne poussent plus - et qui, en règle générale, ne supportent pas une transplantation dans les plaines plates et dégagées de la vie éditoriale.
...Entre 98 % et 99 % de toutes les productions de textes issues de l'université sont rédigées dans l'attente, si justifiée ou injustifiée soit-elle, d'une non-lecture partielle ou totale de ces textes. Il serait illusoire de croire que cela pourrait rester sans effet sur l'éthique de l'auteur.
Peter Sloterdijk Philosophe, Recteur de l'université de Karlsruhe. Extrait d'une conférence publiée dans Le Monde du 28.01.12.
Voir aussi sur le même thème: « La "sociologie publique" selon Michael Burawoy / Burawoy: les sociologues sont-ils lisibles? » / "Bauman raconte mieux que Touraine" /,"L’art de raconter de Richard Sennett " / Art de raconter et Sciences Humaines (face à l'inflation théorique) /"Les récits primordiaux" présentés par l'IESR.
Récits et imaginaire du politique
Depuis quelques décennies, en réaction contre l’inflation théorique en sciences humaines et sociales, de nombreux auteurs ont mis en évidence la place de la dimension narrative en histoire, en anthropologie, en sociologie, en psychologie, etc. L’interactionnisme, à forte teneur pragmatique, a fortement insisté sur la capacité des acteurs à rendre compte de leurs expériences. Le récit, relégué dans les coulisses de la science, a fait une réapparition éclatante.
Simultanément, la densification médiatique a fortement favorisé les récits de toutes sortes, qu’ils appartiennent aux mondes de la fiction, de la religion, de la légende, de l’utopie ou encore aux mondes réels, dont le monde politique. Partout, en admettant des degrés de singularité variable, le récit raconte les aventures de Bill Gates, Ben Laden, de Fukushima, de l’euro, de DSK, de la dette grecque et des paniques boursières.
La compétition entre médias, la généralisation de l'information en flux, le développement d’internet entraînent une accélération du processus de fabrication des événements médiatiques, une recherche perpétuelle de breaking news, d'informations sensationnelles, de scandales ou de catastrophes à l'échelle planétaire. Cette explosion du storytelling est souvent associée à la manipulation (Salmon), à la dictature de l'urgence (Finchelstein), à l’évanescence des audiences (Sloterdijck), à la dépolitisation croissante (Hermet), à l’ambigu infotainment (Anderson), à la dilution du 4e pouvoir (Ramonet).
Des grands récits à l’inflation des récits, que s’est-il passé ? Qu’est-ce que cela signifie pour le fonctionnement de la démocratie et de la bureaucratie, pour la temporalité des débats publics, pour la mise en oeuvre d'une sphère publique d'inventivité démocratique (Habermas, Rosanvallon), pour la discussion scientifique, pour le vedettariat et la starification (pipolisation), pour la fabrication du charisme et le néo-populisme, pour la confusion du réel et du fictionnel ? Ce ne sont que quelques-unes des questions qui surgissent au croisement du récit et du politique, lieu mythique qu’il importe de revisiter attentivement aujourd’hui, sans oublier de reconsidérer notre propre rapport sociologique à la narration.
(Appel à communications pour le 19ème congrès de l'AISLF, Rabat Juillet 2012: Penser l'incertain)
This book provides a long-overdue account of online technology and its impact on the work and lifestyles of professional employees. It moves between the offices and homes of workers in the knew "knowledge" economy to provide intimate insight into the personal, family, and wider social tensions emerging in today’s rapidly changing work environment.
Drawing on her extensive research, Gregg shows that new media technologies encourage and exacerbate an older tendency among salaried professionals to put work at the heart of daily concerns, often at the expense of other sources of intimacy and fulfillment. New media technologies from mobile phones to laptops and tablet computers, have been marketed as devices that give us the freedom to work where we want, when we want, but little attention has been paid to the consequences of this shift, which has seen work move out of the office and into cafés, trains, living rooms, dining rooms, and bedrooms. This professional "presence bleed" leads to work concerns impinging on the personal lives of employees in new and unforseen ways.
Drawing on her extensive research, Gregg shows that new media technologies encourage and exacerbate an older tendency among salaried professionals to put work at the heart of daily concerns, often at the expense of other sources of intimacy and fulfillment. New media technologies from mobile phones to laptops and tablet computers, have been marketed as devices that give us the freedom to work where we want, when we want, but little attention has been paid to the consequences of this shift, which has seen work move out of the office and into cafés, trains, living rooms, dining rooms, and bedrooms. This professional "presence bleed" leads to work concerns impinging on the personal lives of employees in new and unforseen ways.
This groundbreaking book explores how aspiring and established professionals each try to cope with the unprecedented intimacy of technologically-mediated work, and how its seductions seem poised to triumph over the few remaining relationships that may stand in its way.
Présentation du livre de Melissa Gregg Work's Intimacy, Paperback.
05/01/2012 dans Analyses et synthèses, Bien-être, Organisations, Sciences techniques TIC | Lien permanent | Commentaires (0)
Depuis quelques années la recherche qualitative en médecine générale se développe. Faisant suite aux anglo-saxons, une part de plus en plus large lui est consacrée dans les publications et congrès francophones. Le GROupe Universitaire de recherche qualitative Médicale Francophone (GROUMF) a vu le jour en 2007, avec la volonté d’amplifier cette recherche à l’échelon national. Au niveau universitaire, les Départements de Médecine Générale (DMG) s’approprient les méthodes qualitatives pour développer des recherches sur la compréhension des phénomènes de santé. Progressivement se met en place une manière de faire de la recherche qualitative adaptée au type de travaux que les médecins généralistes (MG) ont à mener. La méthode la plus utilisée en recherche qualitative est l'entretien individuel. Il correspond à une relation duelle que les MG maîtrisent bien. Il est également facile à mettre en œuvre au cabinet médical ou au domicile du patient. Cependant, la réalisation d'enquêtes réunissant plusieurs personnes tend à se développer, sous l'appellation de focus group ou entretiens de groupe ou analyse en groupe.
• Qu’est-ce que le focus group et l’enquête en groupe ?
Avec la méthode d’entretien individuel, l'enquêteur interroge les personnes une à une et rassemble ensuite les informations issues de leurs propos pour faire apparaître leur dimension collective. Dans l'enquête en groupe, la dimension collective est présente dans l'enquête elle-même dès le départ, et pas seulement dans l'analyse. Cette démarche est connue sous l’appellation de focus group parce qu’elle a été mise en œuvre principalement dans les études de marketing. Depuis une dizaine d'années en France, à la suite des pays anglo-saxons, le focus group sort de cet usage à visée commerciale. Il s'étend à tous les domaines de la recherche, en sciences sociales notamment. Ce développement vient du fait qu’il est un excellent outil pour comprendre les nouvelles formes de vie collective liées à la complexité contemporaine. La réflexion en groupe apparaît appropriée pour appréhender les nouvelles formes de vie sociale qui se mettent en place, dans la complexité changeante de notre modernité tardive. Si l’entretien individuel permet d’aborder avec une grande finesse le vécu personnel, les émotions et représentations des acteurs, l’enquête en groupe introduit en plus le jeu de l’interaction entre les personnes.
Extrait de Recherche qualitative en médecine générale : expérimenter le focus group
Qualitative research in general practice: focus group testing Laurent Marty, Philippe Vorilhon, Hélène Vaillant-Roussel , Pierre Bernard, Clémentine Raineau, Benoît Cambon. exercer la revue française de médecine générale (Volume 22 N° 98)
Voir aussi: "Quelques conseils pratiques pour l'utilisation du focus group en recherche qualitative" et "Avantages et inconvénients du focus group en recherche qualitative en médecine générale"
10/12/2011 dans Analyses et synthèses, Sciences techniques TIC, wx Outils et méthodes | Lien permanent | Commentaires (0)
Les Médecins Généralistes (MG) ayant participé à l'expérimentation ont trouvé que le focus group avait produit en peu de temps une grande quantité d'informations, et cela à plusieurs niveaux. Ils ont apprécié le récit de la consultation du jeune consommateur notamment les questions de précisions qui ont permis au groupe d’entrer dans le détail de son histoire personnelle, familiale et médicale. Des interviewés ont été intéressés par la façon du MG "racontant" d’aborder les problèmes que lui posait l’accompagnement de jeunes consommateurs de cannabis.
Les MG ont été impressionnés par la quantité d’informations recueillies sur le patient et sur la pratique du médecin. Pour eux, cela a invité les participants confrontés à des situations analogues à exposer leurs préoccupations et à en discuter. Pour tous, le principal avantage du focus group a été la production d’informations sur le vécu des situations, sur les opinions et sentiments des participants. Ils l’ont ressenti porteur d’une certaine intensité émotionnelle. Cette expérience leur a paru stimulante et proche de leurs pratiques de MG qui rencontre l’intimité du vécu des patients et de leur famille. « C'était la première fois que je voyais en réalité un focus group. J'avais déjà pas mal lu dessus, mais je n'en avais jamais vu en vrai. Et j'avais trouvé que c'était impressionnant ce que ça pouvait apporter en information en peu de temps ». « Peut-être que parfois on ne se rend pas compte qu’il y a des thèmes qui peuvent réveiller des choses compliquées. Et c’est justement l’intérêt de notre travail ; c’est d’avoir permis de voir qu’il y avait des difficultés soulevées auxquelles on ne pense pas forcément. Ce sont des thèmes dans des choses sensibles, chargés émotionnellement. »
Les MG ont souligné que les entretiens de groupe leur avaient permis d’envisager la vie du patient sous un angle plus large, dans toutes ses composantes, y compris les plus cachées. La pratique du généraliste leur est apparue dans toute sa complexité. Ils ont exprimé leur difficulté à adapter les recommandations scientifiques à la réalité humaine. "Mieux comprendre la personne du patient et son environnement, comprendre ce qui se passe dans sa tête et quelle est sa propre démarche. Conjuguer le scientifique et l'humain. Améliorer le côté relation et discussion avec le patient".
Si les participants interrogés ont été unanimes pour reconnaître l'efficacité du focus group comme méthode d’enquête, ils ont été en revanche plus réservés sur sa mise en œuvre. Les principaux obstacles cités étaient la difficulté matérielle de réunir des personnes d’horizons différents et la nécessité pour l’animateur d’être compétent en animation de groupe.
Il leur a paru impératif que l’animateur soit neutre par rapport aux participants, pour pouvoir entendre plus facilement les différents points de vue et ne pas influencer leurs propos. Selon eux, les thèmes abordés pouvaient réveiller certaines fragilités chez le chercheur, particulièrement si c’était un interne. Il pouvait se laisser envahir par les représentations des interviewés. L’interne devait être solidement encadré par son directeur de thèse qui devait porter une responsabilité morale et scientifique dans cette intervention. Il a paru difficile aux généralistes enseignants de faire animer des focus group par des internes. "Le focus group a été un des temps forts de nos rencontres. En direct, les gens se sont rendu compte de la méthode et de son apport incroyable. Mais après, savoir le faire soi-même, ce n'est pas aussi simple que ça en a l'air. Le rôle de l'animateur est important; on ne peut pas larguer un interne comme cela. C'est casse gueule de se retrouver avec 8 patients ou 8 généralistes... il y a risque d'exploser en vol !"
Ils ont souligné le risque de soulever des problématiques complexes pouvant mettre en difficulté les participants au focus group et l’animateur dans la gestion du groupe. Ils ont analysé que derrière la demande de soin, c'était la vie du patient et la complexité de l'humain qui se révélait. Traiter des thèmes lourds leur a paru difficile mais nécessaire car c’était justement dans ces domaines que le médecin avait besoin de connaissances et de compréhension. Le savoir-faire de l’animateur leur a paru impératif dans ces cas-là.«Ce sont des thèmes qu’il faut aborder car justement ils pèsent sur nos consciences et nos sensibilités.»
Certains participants se sont déclarés gênés par le trop plein d'informations. Donner du sens au matériel récolté demandait une bonne connaissance des méthodes d’analyse. Ils se sont interrogés sur le côté presque « élitiste » d’une recherche qualitative qui ne se satisferait que de curiosité ou de plaisir intellectuel. Pour eux l’utilité pratique de sa recherche devrait presque être une motivation première pour le chercheur qualitatif en MG.
Extrait de Recherche qualitative en médecine générale : expérimenter le focus group
Qualitative research in general practice: focus group testing.Laurent Marty, Philippe Vorilhon, Hélène Vaillant-Roussel , Pierre Bernard, Clémentine Raineau, Benoît Cambon. exercer la revue française de médecine générale (Volume 22 N° 98)
Voir aussi: ""Focus groups et Recherche Qualitative en Médecine Générale" et "Quelques conseils pratiques pour l'utilisation du focus group en recherche qualitative"
10/12/2011 dans Analyses et synthèses, Sciences techniques TIC, wx Outils et méthodes | Lien permanent | Commentaires (0)
"Il semble que, dans l'avenir, l'utilité des textes ethnographiques, s'ils en ont effectivement une, concernera la mise en œuvre de moyens de communiquer de part et d'autre de frontières sociétales - d'ethnies, de religions, de classes, de sexes, de langues, de races - qui sont progressivement devenues plus nuancées, plus immédiates et plus irrégulières. Ce qui s'avère nécessaire (du moins à mon sens) n'est ni l'élaboration d'une culture universelle comparable à l'Esperanto, culture des aéroports et des motels, ni la création d'une gigantesque technologie de la gestion des hommes. C'est l'élargissement des possibilités de discours intelligible entre des peuples dont les intérêts, les perspectives la richesse et la puissance diffèrent, mais qui partagent un monde où, contraints qu'ils sont d'entretenir des relations de plus en plus nombreuses, il leur est de plus en plus difficile de ne pas se marcher sur les pieds…
… L'ailleurs et l'ici, beaucoup moins isolés, beaucoup moins nettement définis, beaucoup moins contrastés sur le spectre (mais pas moins profondément) ont à nouveau changé de nature. L'entreprise anthropologique consiste à élaborer des œuvres qui établissent des relations intelligibles entre l'un et l'autre."
Clifford Geertz, Ici et là-bas, Ed. Métaillé Paris 1996
Parmi les douze astuces recommandées pour les auteurs par The association for psychological science, voici la première:
Explication:
1. Tell a good story. Psychologists studying the narrative form tell us that humans are great storytellers. The narrative fits the human mind quite comfortably, and language probably developed in part for us to tell stories to each other. Try to make your journal article a compelling story. You are addressing an interesting problem or phenomenon, using theories developed to explain the issues. You have advanced hypotheses, developed methods to test them, provided results bearing on the issues, and then interpreted the results in light of the theories and hypotheses. You reached an interesting conclusion, advancing knowledge. Experiments often attempt to solve a puzzle, and puzzles make for good stories. In sum, your article should have a strong story line. Provide an easily remembered take-home message. You should provide clear answers to the following two questions the reader will have: What has the paper told me that I did not know before? And why is this news important? (extrait d' Observer Juin-Juillet 2007).
Les critères d'évaluation des reviewers incluent de plus en plus, à côté des critères scientifiques, des critères concernant la qualité narrative, car le but est bien de transmettre des informations, avec une préoccupation translationnelle. Par exemple, la revue Addiction dans ses recommandations aux auteurs insiste sur son objectif: communicating to the scientific, clinical and policy community important findings relating to the: 1. extent and nature of the problem worldwide and attempts made to mitigate it. / 2. Effectiveness of interventions that aim to mitigate the problem. / 3.Evaluation and improvement of research methods that support aims 1 and 2. (Addiction 106 March 2011).
Cela rejoint les préoccupations d'Howard Becker et de Michael Burawoy.
Pour des informations sur la publication d'articles dans le domaine Médical - Santé Publique, voir le blog Rédaction Médicale et Scientifique.
Voir aussi sur le même thème: « La "sociologie publique" selon Michael Burawoy / Burawoy: les sociologues sont-ils lisibles? » / "Bauman raconte mieux que Touraine" /,"L’art de raconter de Richard Sennett " / Art de raconter et Sciences Humaines (face à l'inflation théorique) /"Les récits primordiaux" présentés par l'IESR./ Les écrits universitaires et leurs non-lecteurs; pour une éthique de la "publication".
Un produit peut être beau, mais, s’il n’est pas facile à utiliser, ce n’est pas du design ! Quand un produit se démarque des autres, c’est souvent parce que le design a été placé au cœur de sa conception et de sa fabrication.
...Ce n’est pas tant la technologie qui a évolué que la manière dont on s’en sert, et surtout les lieux où l’on s’en sert : dedans, dehors, dans sa voiture, dans la rue, au restaurant, etc. Aujourd’hui, le plus important quand on conçoit un produit, c’est de comprendre le contexte dans lequel il va être utilisé. Si je crée une application pour smartphones, je dois savoir si vous avez un ordinateur portable avec vous, où est votre téléphone, si vous avez un lecteur MP3, s’il est connecté à votre téléphone, etc.
Il faut vraiment que je comprenne dans quel contexte vous allez utiliser cette application, et dans quel écosystème numérique, mais aussi économique, social et géographique, elle s’insérera. On se rend donc bien compte que le design d’interaction est plus proche des sciences sociales que de l’informatique. Il en appelle à l’ethnologie, à l’anthropologie ou encore à la psychologie.
Bill Buxton (directeur de recherche chez Microsoft Research)
Rsln 1er trim.2011 Photo LM: Pub Ipad, Chinatown, New York