C'est un musée d'art contemporain avec ceci de particulier qu'il est en plein air, mêlé à la nature.
Ce sont des œuvres d'art, mais on peut les toucher, et non seulement les toucher, on peut aussi jouer avec elles. Des œuvres accessibles à tous publics ("de 2 à 72 ans", précise la brochure de présentation), comme ces petites maisons de terre ocre aux formes arrondies qui produisent de la musique quand on les alimente en billes…Un peu plus haut dans le vallon, une tour ancienne abrite des expositions, dont certaines en partenariat avec le Centre Georges Pompidou à Paris.
Le Vallon du Villaret est un parc d'attraction, un lieu de tourisme, et en même temps un lieu d'éveil et d'éducation.
Enfin, et c'est à ce titre qu'il nous intéresse : c'est une entreprise. Une Société Anonyme gère le site sur le plan commercial, et une association s'occupe du côté culturel. La création du site a demandé un investissement de sept millions de francs. Il a accueilli aujourd'hui 38 000 visiteurs en 1997.
L'ensemble est un projet de développement réussi, dans une région sérieusement menacée par la désertification. Trouver un restaurant ouvert hors saison est impossible dans un rayon de 30 kilomètres, même dans la petite station thermale proche. On peut encore manger un sandwich au bistrot du Bleymard, mais pour combien de temps?
- Quand je partirai à la retraite, s'inquiète la patronne, ma fille ne veut pas prendre la succession, qui voudra s'occuper d'un café ici?
Guillaume Sonnet est à l'origine de cette aventure. Auparavant, il avait assuré la direction d'un centre pour enfants autistes. Dans le contact avec l'exil intérieur et la souffrance, Guillaume Sonnet a éprouvé ce que veulent dire "ouverture, éveil, découverte", des mots qui reviennent souvent quand il raconte le Vallon du Villaret :
- Donner l'envie de découvrir le monde, avant à 30 enfants, maintenant, à 30000…
Ce fut aussi pour lui le passage de la revendication à l'autorisation:
- Comme tous les gens de ma génération, je me posais beaucoup de questions sur le rêve, le pouvoir, etc… A un moment, j'ai voulu passer de l'opposition (ou de la réaction), à des responsabilités. Passer de celui qui critique à celui qui crée.
Il s'est engagé alors dans une autre manière d'aborder le handicap: entreprendre.
- Avant j'étais consommateur d'économie. Maintenant, je cherche à être créateur d'économie.
Là, il a appris à combiner aspirations culturelles et exigences techniques et financières, rejoignant la mouvance de ceux qui explorent "l'alliance entre tourisme et culture", qui "peut fonctionner sur le plan économique et être facteur de développement".
Extrait de "Etre d'ici et du monde" >> Site du Vallon du Villaret