Témoignages anthropo-logiques

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>> Témoignages Anthropo-logiques: faire de son expérience une histoire. Les livres présentés ici racontent, à partir d'enquêtes de terrain, l'aventure, banale et extraordinaire, d'hommes et de femmes de notre époque; le travail réalisé par nos contemporains pour "faire avec" les mutations et la complexité des sociétés modernes >> lire la suite 

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La photo est extraite du site de l'UNESCO, à la page où il présente son objectif strégique 9 pour 2002-2007: "Renforcer les liens entre culture et développement, par le renforcement des capacités et le partage des connaissances". Légende de la photo: "La langue maternelle un système de connaissance qui se transmet de génération en génération. Pakistan".

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05 septembre 2007 dans Accueil | Lien permanent

L'acte d'entreprendre, vu du Massif central

Edm Etre d'ici et du monde,

Entreprendre dans le Massif Central

Eds Freeway Clermont-Ferrand 1998

13 septembre 2007 dans Etre d'ici et du monde | Lien permanent

La vie quotidienne des élus

Mtier_lu_local0001 Et devinez sur qui ça retombe?

Ou la vie quotidienne des maires dans 32000 communes.

Ouvrage collectif

Caisse des dépôts et consignations - Mairie - Conseil, La documentation française, 2002

18 juillet 2007 dans La vie quotidienne des élus | Lien permanent

A l'écoute des questions des petites communes

On compte en France métropolitaine 36565 communes, dont 31927 (plus de 87%)Marchastel_mairie1  ont moins de 2000 habitants. Depuis une quinzaine d'années, la Caisse des dépôts et Consignations a mis en place un service d'assistance juridique par téléphone : Mairie Conseils. On m'a demandé, à l'occasion d'un bilan des douze premières années (80000 appels), d'enquêter sur le fonctionnement de ce service orignal de mise en circulation des connaissances. 
"Lorsqu'il compose le numéro de Mairie-conseils, l'appelant rencontre au bout du fil un chargé d'assistance téléphonique (cinq personnes se relayant), qui répond à sa question tout de suite ou, quand le problème s’avère plus difficile à traiter, dans un délai maximum de 48 H. Les chargés d'assistance téléphonique répondent à toutes les questions relevant de la commune. Ils renvoient les questions sur l'intercommunalité aux deux juristes spécialisés. Deux autres juristes assurent le contrôle qualité en cours de processus, par une relecture hebdomadaire de l'ensemble des réponses apportées aux questions, et, si nécessaire, le rappel direct les élus.
Les chargés d'assistance téléphonique et les juristes sont unanimes quant à la qualité de la relation qui s'établit avec les appelants. Plusieurs fois qualifiée d’“équitable” ou “de bon aloi”, cette relation de service recèle souvent une part d'échange : "Il y a une relation de collaboration : les élus vous retournent des choses. Ils sont reconnaissants, il y a échange et entraide." "C'est une grande constante dans le milieu rural : on a des relations entre individus de bonne volonté, en prise directe avec l’intérêt général. On a plus affaire à une personne qu'à une fonction." "Certains vont très vite. D'autres ont une curiosité intellectuelle et prennent plus de temps.""

Extraits de Et devinez sur qui ça retombe? Ou la vie quotidienne des maires dans 32000 communes.  Photo: La mairie de Marchastel (Aubrac)

18 juillet 2007 dans La vie quotidienne des élus | Lien permanent

Un service de conseils juridiques pour les élus des petites communes

Mairie2

Lorsqu'il compose le numéro de Mairie-conseils, l'appelant rencontre au bout du fil un chargé d'assistance téléphonique (cinq personnes se relayant), qui répond à sa question tout de suite ou, quand le problème s'avère plus difficile, dans un délai maximal de quarante-huit heures. Les chargés d'assistance téléphonique répondent à toutes les questions relevant de la commune. Ils renvoient les questions sur l'intercommunalité aux deux juristes spécialisés. Deux autres juristes assurent le contrôle qualité en cours de processus, par une relecture hebdomadaire de l'ensemble des réponses apportées aux questions, et, si nécessaire, le rappel direct des élus.

« Il y a une relation de collaboration : les élus vous retournent des choses. Ils sont reconnaissants, il y a échange et entraide. » « C'est une grande constante dans le milieu rural : on a des relations entre individus de bonne volonté, en prise directe avec l'intérêt général. On a plus affaire à une personne qu'à une fonction. » « Certains vont très vite. D'autres ont une curiosité intellectuelle et prennent plus de temps. » II arrive que les appelants s'écartent un peu des questions techniques pour parler d'un projet auquel ils tiennent. « Ils parlent en confiance. » « Ils sentent qu'on est à l'écoute, qu'on comprend leurs problèmes. Nous ne sommes pas des technocrates. Il y a une sorte d'empathie. » Un lien particulier peut s'établir. « Quelquefois, un maire nous rappelle pour nous dire comment la situation a évolué.»

L'estime que les répondants portent aux élus revient régulièrement dans leurs propos. « Ce sont des gens remarquables. Ils ont envie d'être utiles. Ils ne sont pas là par défaut d'autre chose. Ils ont une attention pour l'intérêt public, même si c'est parfois limité à la commune. » « II arrive qu'un élu pose une question relevant du droit privé, par exemple sur la mitoyenneté, ou sur les limites séparatives. Ce n'est pas une obligation pour lui ; il le fait pour rendre service aux habitants. »

Les répondants font la comparaison avec d'autres relations qu'ils connaissent par ailleurs : intervention juridique en situation de conflit, assistance téléphonique auprès de particuliers pour des affaires privées : « Le maire est très différent du particulier. Il n'évoque pas des situations qui impliquent directement leurs affaires privées. Il y a une distance : c'est moins tendu, moins conflictuel. Les particuliers ont l'impression que l'on prend parti. Le maire lui est plus du côté de la loi. »Mairie1Extraits de Et devinez sur qui ça retombe? Ou la vie quotidienne des maires dans 32000 communes.

24 juin 2007 dans La vie quotidienne des élus | Lien permanent

Elus locaux: la somme vertigineuse des connaissances nécessaires.

Mairie3    «II y a une particularité dans ce métier, dit un maire. Les élections ont lieu le dimanche ; le vendredi suivant vous êtes élu par le conseil municipal, et dans la nuit de vendredi à samedi, le Saint-Esprit est venu nous visiter, et vous savez tout. Le maire doit alors trancher sur des problèmes sur lesquels il n'a aucune idée ! » Les élus s'accordent sur le caractère démesuré des connaissances qu'ils sont censés posséder pour remplir leur fonction. C'est particulièrement évident dans le domaine juridique. Certes, au fil du temps, un maire ou un secrétaire de mairie acquiert une quantité de connaissances importantes et une habitude de manier le juridique, comme en témoigne parfois l'état d'usure avancé du Code des collectivités posé sur un coin du bureau. Mais le secrétaire de mairie et, surtout, l'élu changent. Les lois évoluent sans arrêt, et pas dans un sens de simplification... « Par exemple pour les questions de personnel : il faut être de plus en plus spécialisé. »

Le tout est amplifié par une interpellation croissante de la responsabilité de l'élu et par la « judiciarisation » générale de notre société. Dans la vie publique locale, le développement de cette dernière est lié à la réforme de l'administration, à la décen­tralisation et, plus particulièrement, à la suppression de la tutelle de l'État (1982), assimilable à «un phénomène de responsabilisation».

Extrait de Et devinez sur qui ça retombe? Ou la vie quotidienne des maires dans 32000 communes.

24 juin 2007 dans La vie quotidienne des élus | Lien permanent

Plus qu'une information, presque une formation (intelligence collective et knowledge management)

L'assistance téléphonique s'apparente parfois à une fonction de formation juridique  de base. Certains nouveaux maires découvrent La législation, c'est le principe de l'élection accessible à tout citoyen. Le secrétaire de mairie sert de mémoire, mais les connaissances sont à réadapter sans cesse.

Il n'y a pas de réponse absolue en matière de formation, au sens de transfert initial de connaissances. « Le maire d'une commune de 60 habitants a les mêmes responsabilités que le maire d'une grande ville, mais ce dernier dispose d'une multitude de services techniques pour éclairer ses choix. Il n'est évidemment pas imaginable déformer chaque maire dans tous les domaines. De plus, assurer une formation très poussée, cela reviendrait à professionnaliser la fonction. »

Les répondants s'adaptent donc au niveau de connaissances et d'expérience de leur interlocuteur, qu'il s'agisse de questions très pointues ou de règles de base. « Nous leur précisons par ailleurs la force juridique de l'information que nous leur donnons : fait-elle référence à une pratique habituelle, à une loi, au commentaire d'un ministre, à une jurisprudence... » "••-'"' Le service de renseignements téléphoniques remplit de fait bien plus qu'une fonction d'information, presque une fonction de formation, qui s'avère particulièrement bien adaptée à un environnement de plus en plus complexe et en perpétuelle mutation. S'ajoutant à d'autres sources (revues, etc.), la démarche d'information est souvent très proche de la pédagogie : c'est d'ailleurs cette dimension que les répondants signalent comme étant la plus exigeante... et la plus passionnante.

Mairie 5En ce qui concerne tout particulièrement les questions intercommunales, il faudrait ajouter à cela une fonction de mise en circulation des connaissances ainsi que de recherche appliquée. Les expériences particulièrement significatives menées dans les territoires sont signalées à l'occasion des entretiens téléphoniques. Par ailleurs, un travail sur la gestion des connaissances est fait au sein de l'équipe Mairie-conseils. « Être en contact permanent avec de nombreux élus nous permet de repérer les préoccupations et les idées émergentes. L'équipe peut ainsi mettre au point les outils qui sont nécessaires quand ces questions se généralisent. Cela a été le cas par exemple pour la charte de territoires et c'est aujourd'hui le cas pour les communes isolées par rapport à l'intercommunalité. » « Les informations vont aussi des répondants vers l'équipe. Quand reviennent des questions, ou quand apparaissent des vides juridiques, on s'avertit, on a des échanges entre nous à ce sujet pour alerter ensuite les services concernés par la question. »

De façon plus générale, alors que l'acteur directement impliqué dans les pratiques locales joue un rôle de plus en plus décisif dans l'élaboration et la circulation des savoirs, le service de renseignements téléphoniques de Mairie-conseils remplit de fait une fonction originale de knowledge management autour de la fonction d'élu local.

 

Extrait de Et devinez sur qui ça retombe? Ou la vie quotidienne des maires dans 32000 communes.

24 juin 2007 dans La vie quotidienne des élus | Lien permanent

Un exemple de cluster

Parmi les différentes raisons qui expliquent le développement d'un pôle d'aviculture dans l'Allier, il en est une qui est moins directement Tablier_bleuvisible. Le lecteur, entendant les personnes rencontrées dans les pages qui précèdent, l'aura sûrement remarqué : tous ces gens se connaissent.

Quand je dis connaître, ce n'est pas simplement la relation de travail, les années, les décennies passées à sillonner la région, à résoudre ensemble les mille problèmes quotidiens et les questions plus lourdes : faire face aux évolutions du marché, assurer sur le plan financier, … C'est un peu plus que la convivialité professionnelle ordinaire : ils sont des collègues, comme on dit de gens du même village, qui se côtoient depuis des générations. Ils sont du même pays, ils parlent, pour les plus anciens, le même patois bourbonnais.

Ce n'est pas encore tout. Ils sont unis par des liens de parenté; l'entreprise est une affaire de famille de la même manière que la communauté des fermes d'antan.

Combien de fois ai-je entendu, dans les entretiens :

Tout cela se passait dans une ambiance familiale. Les deux familles, celle de mon père et celle de mon oncle (David et Pérot) travaillaient ensemble. On avait quatre ou cinq employés du pays pour le travail… Dans l’entreprise, il y avait la famille et les employés ; tous ces gens mangeaient à la même table. Au marché, on cassait la croûte ensemble avec les collègues. (Mme Simonet de la famille David et Pérot – Allier Volaille). 

On était souvent dix à table, avec le personnel, qui partageait la même salle d’eau. (Titi Voisin, éleveur)

… Dans chacune des autres entreprises, on a forcément un parent, ou au moins quelque cousin lointain. Josèphe Thivat (veuve de Pierre Thivat, un des pères de l'aviculture bourbonnaise), nous a raconté dans les parties précédentes sa vie autour de la production volaillère (ses trois enfants, on l'a vu, ont tous aussi travaillé ou travaillent dans l'entreprise); nous retrouvons dans ses propos, comme dans ceux des autres témoins, les entrelacs des relations familiales (...).

Du passé, les anciens gardent une certaine nostalgie : avant les choses étaient moins séparées. On vivait dans un univers complet, où l'on était en relation directe avec tout le monde. J'ai déjà raconté combien Marie-Thérèse Simonet tenait à rester dans la relation directe, "ce que l’on peut voir"…

La modernisation cependant n'a pas effacé cette culture, quelque chose a traversé le temps et est encore bien présent. Le résultat est étonnant : on se trouve devant une intelligence collective fondée sur une culture commune forte, ancrée dans le terroir et les générations. L'ensemble fait corps .

Au fil des ans s'est mise en place une répartition des marchés et du travail, sans que jamais il n'y ai eu de décision collective et encore moins de planification.

Jean Pierre Thivat : Tout le monde avait trouvé sa place, sans qu’elle ait un nom.

Le "réseau" est régit par une éthique commune et des règles, mais jamais rien n'a été écrit, ni même dit explicitement.

Georges Saulnier : L’aviculture de cette époque, c’était pour ainsi dire un groupe d’amis ; des gens qui s’appréciaient et qui s’estimaient même s’ils étaient en concurrence. Ils avaient besoin les uns des autres et travaillaient en réseau. Il y a eu des moments presque émouvants quand, par exemple il fallait arranger le compte d’un client en difficulté ou soutenir un partenaire qui avait des problèmes …Cela se passait dans un climat de confiance réciproque.

Louis Thivat : Le modèle avicole bourbonnais, c'est une histoire d'hommes; pas des gens qui partaient en vacances ensemble, mais qui aimaient à faire du business, et en créer ensemble. Des rapports indépendants et équilibrés. Il n'y a jamais eu prise d'action de l'un chez l'autre. D'autres fabricants ont cherché à intégrer la filière, ça a été un échec. Ici on a partagé les moyens financiers, et on est restés sur cette ligne. Quand nous sommes en réunion avec Leutrat ou un autre, on a l'impression d'être entre amis.

Les économistes ont une définition pour cela : ça s'appelle un Système Productif Local (SPL). Vous avez peut-être entendu son équivalent anglo-saxon, plus connu : cluster[1]. Le mot est très en vogue en ce moment. On s'est rendu compte que les entreprises et les territoires les plus capables de répondre aux défis contemporains sont ceux qui ont su se regrouper dans une dynamique commune. Tous possèdent cette ressource que nous avons vue en pays bourbonnais : une culture commune, discrète ou affichée, mais toujours soigneusement entretenue – la coopération est une composante de base dans ce modèle de développement.

Peut-être faudrait-il rajouter en ce qui concerne le (petit) cluster bourbonnais une autre dimension, présente aussi dans d'autres Systèmes Productifs Locaux : la proximité de la nature et de la vie rurale. Les formes d'organisation ont gardé quelques-unes des anciennes relations propres à la tradition rurale, et des processus de régulation assez proches de ceux qui équilibrent les écosystèmes naturels.


[1] Cluster = un bouquet (d'arbres ou de fleurs), un groupe d'étoiles, une grappe (raisins, par exemple), un ensemble groupé d'îles.

 

>> Voir aussi Mendras sur les systèmes locaux de production

 

Extrait de "Le tablier bleu, une histoire de l'aviculture bourbonnaise"

21 juin 2007 dans Textes divers | Lien permanent

Lucile et l'engagement de l'ethnologue

J'ai rencontré une jeune fille qui s'appelait Lucile. Lucile avait une mèche Mort_lucile_2_3blonde qu'elle relevait sans cesse d'un geste de la main ou d'un coup de tête. Elle habitait un des quartiers où la Boîte à Mots intervient. C'était il y a quelques années, la Boîte à Mots n'existait pas encore, et de toute façon, Lucile n'avait plus l'âge d'écrire des lettres à l'école. Il y avait alors deux millions de chômeurs et je faisais une enquête sur l'entrée des jeunes dans le monde du travail. C'est à cette occasion que j'ai rencontré Lucile. Elle essayait de toutes ses forces de trouver sa place. Tout dans son histoire s'y opposait. Lucile est morte un mois plus tard, trichlo, coma. Elle a décroché sans un bruit et le trou noir s'est refermé. Elle était là, juste à côté. Mais pour elle tout ce qui nous rattache au monde habituellement s'est embrouillé puis disloqué : la famille, le travail, les amis.
Je n'accepte pas cette fatalité pas plus que le silence qui l'entoure. Elle est le signe d'un échec, d'une profonde lacune de nos sociétés, d'une véritable impuissance de notre part à nous, adultes. Je ne veux pas me laisser aller à cette démission, à cette non-implication où personne n'est responsable, c'est-à-dire où tout le monde est irresponsable. C'est pour cette raison que je suis ethnologue, et que la Boîte à Mots m'est chère.
Dans mon activité je suis amené à rencontrer toutes sortes de personnes et de lieux. Certains lieux sont moroses, chaotiques voire mortifères. D'autres sont vivants et générateurs de vie. Ils nous alimentent en sens et nourrissent la convivialité ; ils sont significatifs de l'art d'entretenir la vie en société aujourd'hui, et des pratiques d'autorisation dont on voit le mouvement prendre forme. Dans un environnement éclaté, complexe, en mouvement incessant, chacun est confronté à la difficile liberté de construire son chemin. C'est de cela que nous parle la Boîte à Mots : comment on peut s'autoriser à refaire le monde autour de soi ? Et comment ça s'apprend, l'autorisation ?
Ici, les bons sentiments et les bonnes pratiques ne sont pas suffisants. Pour s'y retrouver, il faut prendre du recul, analyser les dynamiques qui sont à l'œuvre, sortir du pragmatisme et de l'urgence, et mettre en valeur ce qui mérite de l'être : agir n'est pas suffisant, encore faut-il que les actions aient une reconnaissance dans la symbolique collective.

Extrait de La boîte à mots. Dessin d'Edith Henry

15 mars 2007 dans La Boîte à Mots, Le métier d'ethnologue | Lien permanent

Méthodes pour l'anthropologie du proche

Notre orientation méthodologique est celle de l'ethnologie (ou anthropologie) sociale et culturelle. Pour en résumer l'esprit, nous reprendrons  la formule de Cliford Geertz : 

"Entendre les entendements qui ne sont pas les nôtres" .Geertz1

La procédure de travail de l'ethnologie appliquée à notre propre culture est différente de celle de l'ethnologie pratiquée chez "l'autre lointain", dans les pays "exotiques". Ici, l'autre est notre voisin. Le discours que produit l'ethnologue l'implique directement dans la culture qu'il étudie, et cela change tous les termes de la démarche .

La première phase de ce travail a été l'enquête fondée sur la technique de l'entretien. Comme dans toute méthode qualitative l'échantillon de personnes sélectionné est représentatif de la diversité des situations, mais pas au sens statistique du terme. Nous les avons choisies en tant qu'"informateurs privilégiés", c'est à dire comme personnes les plus à même de nous informer sur les problématiques posées. Nous avons procédé à des entretiens de type "récit de vie" . Chacun de ces entretiens est en quelque sorte un colloque privé entre deux personnes, un travail qui dépasse la simple transmission d'informations . L'entretien a été suivi quand c'était possible d'une visite de l'entreprise. A cela s'ajoutent quelques entretiens informels. Dans certains cas particuliers, nous avons travaillé en dynamique de groupe.
Nous avons rencontré en tout 70 personnes(...).

La deuxième phase est celle de l'analyse. Après l'implication (la rencontre personnelle que représente l'entretien), c'est un temps de distanciation. Nous allons rapprocher les entretiens, mettre en évidence ce qu'ils ont en commun et ce qui les différencie, à l'aide de notions-repères.  Ensuite nous les comparerons avec d'autres situations travaillées dans d'autres études anthropologiques, et replacerons l'ensemble dans le cadre des problématiques plus générales. Dans cette étape, on peut procéder à de nouveaux entretiens pour vérifier des informations ou valider des hypothèses.

La troisième phase est celle du "récit". C'est un autre travail. Il s'agit de reprendre l'ensemble des données et analyses et de créer une "histoire" en conciliant rigueur et accessibilité pour un lecteur non spécialiste de l'ethnologie. Ce que nous présentons est une interprétation : l'ethnologue traduit la réalité avec un regard qui lui est propre; cette personnalisation de l'interaction avec les cultures étudiées est une des spécificités de l'ethnologie. 
Dans un souci de respect de l'image de marque des entreprises citées, nous avons proposé à chacune de lire la partie qui la concernait avant publication. Les réponses que nous avons reçues ont permis de corriger des erreurs et de préciser certains points.

Extrait de "Etre d'ici et du monde"

11 mars 2007 dans Etre d'ici et du monde, Le métier d'ethnologue | Lien permanent

Un atelier d'écriture entre adultes et enfants

Couv_bam0008_1 

           La Boîte à Mots,

ateliers d'écriture épistolaire entre enfants et adultes,

Préface de Marie Desplechin

Illustrations d'Edith Henri

L'Harmattan 2003

13 janvier 2007 dans La Boîte à Mots | Lien permanent | Commentaires (0)

Le geste de s'autoriser

Le phénomène "Culture de l'autorisation" n'est pas à proprement parler nouveau. Il y a toujours eu un fonds humaniste largement partagé, vécu au quotidien dans quantité de petits actes sans autre ambition que de rendre le monde meilleur autour de soi. Jusqu'ici, à travers tous les aléas et toutes les violences de l'histoire, ce fonds l'a toujours emporté (sinon nous ne serions pas là pour en parler). On sait également que ce fonds humaniste a un puissant rôle de régulation durant les périodes de mutations. Les pratiques d'autorisation prennent un sens nouveau dans le contexte contemporainAuteure Boîte à mots70 face aux processus d'auto-blocage et de déstructuration auxquels on assiste aujourd'hui. On arrive au moment où la fragmentation et l'individualisation deviennent génératrices de désordre et d'insécurité, et où les personnes réagissent en s'impliquant fortement dans ce qui permet de rétablir les équilibres. Ce mouvement, amplifié avec les moyens gigantesques des médias modernes , donne une force nouvelle à la "société civile". L'acte de s'autoriser à créer autour de soi de la société n'est pas une nouvelle philosophie, pas une institution, pas une technique ni une méthode… (ce qui ne veut pas dire que la Boîte à Mots n'est pas structurée et organisée, au contraire !). C'est autre chose, un hybride entre la convivialité spontanée, l'intimité  personnelle et interpersonnelle et les nouvelles possibilités qu'ouvrent les techniques et les organisations contemporaines.

Ce que je veux mettre en valeur ici : l'autorisation comme le geste par lequel je trouve en moi la force et la beauté d'aller vers l'autre pour entretenir les équilibres de la société.  De la même manière que l'on tisse pour se protéger des contraintes climatiques, on peut s'autoriser à nouer des liens avec le reste du monde. Un art très ancien, aujourd'hui plus que jamais de première nécessité…

Extrait de Laurent Marty "La boîte à mots"  Illustration d'Ediht Henry extraite du livre

>> Voir aussi : Inscrire son histoire personnelle dans l'Histoire avec un grand H...

13 octobre 2006 dans La Boîte à Mots | Lien permanent

Les lieux de la culture de l'autorisation, ici et ailleurs

Quels sont ces lieux où l'on s'autorise à créer du lien et du sens ? Ce n'est pas difficile : prenez cinq minutes et passez en revue vos territoires de vie habituels. Ne rencontrez-vous pas de ces personnes qui là où elles se trouvent, sont des créatrices de société ? Ce peut être l'école de vos enfants , dans la vie de famille, au bureau ou à l'atelier , dans une activité de loisir , dans l'exercice d'un mandat d'élu  ou d'une fonction d'animateur, au sein d'un groupe d'amis…

Les pratiques d'autorisation existent ici, dans nos sociétés à haut niveau de vie, mais aussi dans les autres régions en beaucoup plus grande difficulté. On est frappé en voyageant dans ces pays où le niveau de vie dérive dangereusement autour du minimum vital, par la quantité d'initiatives, de bricolages, de systèmes de relations qui sont mis en place pour vivre malgré tout. Dans le film Central do Brasil, la détresse extrême fait se rencontrer deux êtres humains. Le choix de partir à la recherche du père disparu est l'étincelle qui fait renaître l'humanité là où tout espoir semblait avoir disparu. L'écrivain et psychnalyste argentin Miguel Benasayag écrit à propos des crises que connaissent les pays d'Amérique du Sud : "Les gens s'accrochent à ce qu'ils peuvent" et inventent "de nouvelles formes de sociabilité". Cela ne se présente pas comme un projet global, "ce qui ne fonctionne plus, c'est l'idée même qu'il faut en passer par un modèle global". "On parle d'engagement existentiel, même si cela peut paraître un peu pompeux" (1).

Anna Muylaert, réalisatrice brésilienne exprime cela de la manière suivante :

Superman doit lutter pour être reconnu. C'est très humain. On va Muylaert_annaau cinéma pour voir des gens comme nous, avec nos faiblesses. J'aimerais pouvoir ne rien faire, que tout soit facile comme au paradis. Mais nous devons nous battre, comme des héros. Les héros ne sortent pas de chez eux parce qu'ils ont envie, mais parce qu'ils sont forcés. Autrement nous serions toujours dans le ventre de nos mères . (2)

(1) Entretien avec Miguel Benassayag Libération 6.8.2002

(2) Entretien sur Arte (Métropolis) le 15.3.03.

Extrait de "La boîte à mots"

11 octobre 2006 dans La Boîte à Mots | Lien permanent

Aragon: de la diversité des lumières...

Aragon

Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas...

                                        Aragon
                   La rose et le réséda

21 septembre 2006 dans Mes citations favorites | Lien permanent

Les enfants des survivants

"Mon rapport à la mort ne doit rien à la peur. Je reste inspiré par mon père, ce qu'il a traversé, la mort de ses parents dans les camps, la leçon que j'en ai tirée, de vivre avec la conscience de sa fragilité." Communication avec les morts ? "Sans adhérer à quelque foi que ce soit, j'entretiens - je fais la part des fantaisies - un vrai rapport avec Jacques_scwartz_bartl'au-delà"

                   Jacques Schwarz-Bart, saxophoniste

Extrait d'un article de Francis Marmande paru dans Le Monde du 30.08.06

31 août 2006 dans Mes citations favorites | Lien permanent

Jack Kérouac: les filles...

"Les filles sont jolies…

Et si tu ne les approches pas

Tu n'auras pas la sensationJack_kerouac

De leur inexhaustible délicatesse…"

       Jack Kérouac

30 août 2006 dans Mes citations favorites | Lien permanent

Karl Krauss et la faiblesse des gens honnêtes...

"...L’impuissance lamentable des honnêtes gens face aux gens culottés"

                Karl Krauss

24 août 2006 dans Mes citations favorites | Lien permanent

Des enfants, des jeunes, et... des adultes

Lma

Le métier d'adulte n'est plus ce qu'il était (le goût de vivre) 

Ed Planète Jeune et Atelier d'ethnologie, 2002

13 août 2006 dans Le métier d'adulte n'est plus ce qu'il était | Lien permanent

Entreprendre dans le Massif Central? !?

         Aubrac_0022b Tout le monde s'accorde pour reconnaître qu'une région a besoin de gens entreprenants pour se maintenir en vie. A l'heure de la mondialisation, peut-on entreprendre au pays? Nous sommes allés poser la question directement aux acteurs du développement, aux quatre horizons du Massif Central.

L'objectif de l'enquête était de mettre en évidence les valeurs qui génèrent et accompagnent l'acte d'entreprendre dans le Massif Central. Activités et populations continuent de se concentrer autour des carrefours internationaux de l'économie, malgré les signes de saturation des grosses conurbations. Les autres régions continuent de se vider avec dans certains cas une réelle menace de désertification. De gros espoirs sont placés sur l'entreprise. Toutes les municipalités, tous les responsables y voient un moyen pour que le pays garde sa jeunesse et ses forces vives. L'enquête participe de cette réflexion, et informe sur ce qu’est « entreprendre au pays », quelle est la personnalité de ces entreprises tant recherchées, quelles sont les valeurs qui les animent, ce qui les retient ici, ce qui les décidera à venir.

Extrait de "Etre d'ici et du monde"

Image: neige en Aubrac

12 août 2006 dans Etre d'ici et du monde | Lien permanent

La formation développement

Les bureaux de la commission européenne ne sont pas peuplés seulement de ronds de cuir obtus. En voici une preuve vivante et palpable! Dans les années 1980 quelqu'un là-haut estimait utile de soutenir des formations créées sur mesure à partir de projets émergents et n'entrant pas dans les clous des formations existantes. A l'époque, l'empowerment (= donner pouvoir, autoriser) n'était pas encore un mot très en vogue et l'idée d'une connaissance qui vient d'en bas bousculait un peu les habitudes. Un programme fut lancé et prit corps en quelques endroits de France, là où il y avait des personnalités disposées à s'impliquer dans une telle transformation des modes d'acquisition des connaissances. A la suite d'un enchaînement de circonstances, la formation-développement donc s'est installée en Auvergne, animée par un fonctionnaire du Ministère du Travail. Et depuis une douzaine d'années, la formation-développement a accompagné 250 projets "émergents", dans un contexte où les choses étaient loin d'être faciles. Le livre raconte en neuf histoires comment fonctionne la formation-développement et à quels résultats elle arrive : comment on peut, là où l'on est, s'autoriser à développer, même "à partir de rien", une idée avec quelques personnes. Mais ce n'est pas tout  : la création de la formation-développement était en elle-même une démarche d'autorisation audacieuse et ingénieuse : c'est cette aventure qui est racontée dans le livre.

12 août 2006 dans De l'art de cultiver les projets | Lien permanent

Serge Fiori: J'ai perdu mon temps à gagner du temps

Fiori_serge

"Pour un instant, j'ai oublié mon nom
Ça m'a permis enfin d'écrire cette chanson
Pour un instant, j'ai retourné mon miroir
Ça m'a permis enfin de mieux me voir.

... J’ai perdu mon temps
À gagner du temps
J’ai besoin de me trouver
Une histoire à me conter"

Serge Fiori, extraits de "Pour un instant"

>Voir aussi Une épopée de notre époque et Les histoires que nous nous racontons

12 août 2006 dans Mes citations favorites | Lien permanent

Une formation active à la conduite de projets

Fd_1De l'art de cultiver les projets, 

dix ans de formation - développement en Auvergne

Illustrations de Maty. 168 pages

DRTEFP, Clermont-Ferrand 2000

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11 août 2006 dans De l'art de cultiver les projets | Lien permanent

Le plaisir de raconter son histoire

Il aura fallu près de deux ans pour mener à bien cet ouvrage. Car c'est Raconter_la_fdd'un travail qu'il s'agit , au sens de travail d'accouchement : non pas seulement recueillir des informations, les ordonner et les consigner par écrit. Mais en même temps s'accorder sur ce que l'on retient de cette aventure, ce qui a été important, et ce que l'on veut transmettre.

C''est une création à part entière, ou plutôt une co-création : l'auteur, avant de rédiger, est d'abord un accompagnant dans le travail de construction de la mémoire, et les auteurs de l'expérience sont impliqués à tous les moments de la création.

>> De l'art de cultiver les projets, une histoire de la formation développement

11 août 2006 dans De l'art de cultiver les projets | Lien permanent

Le rapport à la nature et le "faire avec"

Si l'on veut approfondir cette première composante de l'esprit d'entreprise - être d'ici et du monde - on rencontre rapidement le rapport à la nature et la qualité de vie qu'il procure. Nos interlocuteurs ont souligné la réalité de cette dimension, par delà les clichés banals ou militants. "Etre proche de la nature, ça rend plus intelligent", stable, fidèle, disponible, plus équilibré pour se positionner dans la complexité ambiante. Dans les considérations subjectives qui accompagnent l'acte d'entreprendre, le rapport à la nature tient une place non négligeable.  De façon plus générale, si l'on admet que la recherche d'un équilibre de vie est une préoccupation forte de nos contemporains, le Massif Central dispose assurément là d'un atout considérable.
Enfin, être d'ici et du monde, c'est forcément être de plusieurs cultures. Les isolats de tous ordres (dans une compétence technique, une profession, une institution, un diplôme, un village…) tendent à perdre de leur légitimité et à se marginaliser. La capacité à entretenir de bonnes relations avec les voisins d'ici, d'ailleurs et de toutes les cultures fait partie des qualités vitales qu'appelle notre époque. Cela nous conduit à l'autre composante de l'esprit d'entreprise qui se dégage de notre enquête : faire avec.

Extrait de la conclusion de "Etre d'ici et du monde"

11 août 2006 dans Etre d'ici et du monde | Lien permanent

L'intimité de la vie locale comme réponse à la mondialisation et à l'insécurité

L'extension de la mondialisation génère un sentiment diffus d'insécurité : trop de choses de notre existence dépendent de phénomènes mondiaux sur lesquels nous n'avons pas de prise. En réaction à cela, on assiste depuis une quinzaine d'années à une revalorisation des identités locales : nos contemporains aiment à se retrouver dans un cercle familier, avec des personnes qu'ils connaissent, à qui ils parlent directement en buvant un verre…
C'est un signe parmi d'autres de la transformation que nos systèmes de représentation connaissent actuellement et qui touche tous les domaines de nos existences. On assiste en effet à un gigantesque travail de déconstruction - reconstruction, à la fois angoissant et passionnant, dans lequel sont en train  d'être produits de nouveaux systèmes de valeurs. Le présent ouvrage se replace dans ce contexte. L'entreprise, la mondialisation, la vie locale, le développement font partie de ces thèmes autour desquels nos contemporains méditent, s'activent et inventent des solutions pour résoudre les problèmes qu'ils vivent. Dans ces époques où les destins ne sont pas tout tracés, chacun a à écrire lui-même son histoire, chaque groupe a sans arrêt à réinventer sa position, son identité, son image. Nous avons voulu voir de quelle manière, dans l'environnement du Massif Central, les acteurs se posaient ces questions, et quelles réponses ils y apportaient.
Comment le Massif Central prend-il place dans les flux symboliques contemporains avec ses rythmes, ses cultures particulières ? C’est de cela que les entrepreneurs nous parlent.

10 août 2006 dans Etre d'ici et du monde | Lien permanent

Devenir l'auteur du chemin qui vous relie à la communauté

Au départ, il y a le fait de se trouver un peu à l'écart et d'avoir à faire plus de chemin pour rejoindre le monde.  Ce chemin supplémentaire génère des traits de caractère, des manières d'envisager la vie sensiblement différentes. Comme personne ne viendra à vous là où vous êtes, il faut devenir l'auteur du chemin qui vous relie à la communauté. C'est dans ce premier sens que le terme s'autoriser mérite d'être retenu pour rendre compte de l'entreprise dans le Massif Central. Les cinq histoires qui suivent nous parlent de cet effort particulier et des qualités qu'il produit. Même si aujourd'hui les autoroutes et les autres moyens de communication ont considérablement réduit l'écart d'avec le monde, ce trait reste marquant dans la culture, et paradoxalement il rapproche des problématiques les plus modernes. Aujourd'hui la menace d'être laissé à l'écart tend à devenir la première préoccupation de nos contemporains. Cela nous conduit à un autre sens de s'autoriser : il apparaît de plus en plus que les repères existants sont à réajuster, et dans bien des situations, il revient à chacun de construire son chemin, de se faire l'auteur la part du monde où se joue son existence.

Le mot auteur vient du latin auctor, dérivé du verbe augere qui signifie "faire croître". L'auteur est "celui qui fait croître", "celui qui fonde et établit". L'autorité est le fait d'être auctor, c'est à dire fondateur, initiateur, conseiller, et, dans une transaction commerciale, garant, vendeur, possesseur.

Extrait de "Etre d'ici et du monde"

09 août 2006 dans Etre d'ici et du monde | Lien permanent

Comment faire entendre ce qui se produit dans une expérience?

A l'origine de ce livre, une question : comment transmettre une expérience originale, et donc Dogons1difficile à dire ? Au départ en effet, la connaissance que l'on veut "enseigner" n'existe pas : elle est construite au fur et à mesure que les initiateurs du projet élucident leur intentions et découvrent les ressources dont ils disposent : les acteurs de la formation-développement avaient le plus grand mal à expliquer ce qu'étaient ces formations montées à partir de projets qui n'existaient pas, et aux contenus inconnus!
Autre difficulté, toujours dans l'esprit de faire entendre, transmettre, faire reconnaître : les acquis  de ces formations-développement sont pour une large part "implicites", de l'ordre de la relation, du positionnement personnel, de la dynamique du groupe…
Le choix a été fait de raconter des histoires. A partir des quelques soixante dix expériences étudiées sur le terrain, neuf ont été choisies et présentées sous la forme d'un récit permettant de mettre en évidence toute la richesse des processus humains à l'œuvre. Chaque histoire est accompagnée d'illustrations signées Maty, redoutable croqueur de situations !

09 août 2006 dans De l'art de cultiver les projets | Lien permanent

Sommaire

INTRODUCTION:  TOUT CELA EST-IL BIEN SERIEUX?

1. LA FORMATION-DEVELOPPEMENT, COMMENT ÇA MARCHE?

2. UN MODELE QUE L'ON CONSTRUIT SOI-MEME. HISTOIRES VECUES
   
3. QUI ET QUOI?

4. COMMENT?

5. LE DISPOSITIF

6. UN OUTIL POUR LE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL LA PAYSANNE DES DOMES

7. L'INNOVATION ANCREE DANS LA CULTURE DU PAYS

8. RECREER DU LIEN. LES INCONNUES DES HAUTES TERRES

9. QUELS RESULTATS POUR LA FORMATION-DEVELOPPEMENT?

10. LES DIFFERENTES MANIERES D'UTILISER LA FORMATION-DEVELOPPEMENT

• ANNEXE METHODOLOGIQUE.
• TEXTES FONDATEURS
• ENTRETIEN AVEC MAURICE ALLEFRESDE SUR LA FORMATION-DEVELOPPEMENT ET LE DEVELOPPEMENT LOCAL
• LA SOCIABILITE, PREMIERE PREOCCUPATION DES RURAUX DE 18-35 ANS, ET PREMIERE REPONSE
• REPERTOIRE DES ACTIONS DE FORMATION-DEVELOPPEMENT MENEES DEPUIS 10 ANS
• INDEX THEMATIQUE

07 août 2006 dans De l'art de cultiver les projets | Lien permanent

Le rôle clé des autorités dans la culture de l'autorisation

Les histoires présentées font ressortir principalement l'initiative des utilisateurs. Il faut maintenant souligner l'importance de l'initiative institutionnelle.  La position adoptée par les institutions est une condition clé du développement de l'initiative locale : si elles sont trop présentes, elles étouffent l'initiative, si elles ne sont pas assez présentes, elles ne jouent pas leur rôle d'incitation, de médiation et de coordination. Dans ce cas, comme autorité absente, elles ont un effet déstructurant .
Quand un des utilisateurs de la Formation-Développement dit "On a besoin des administrations ! On ne peut pas tout savoir tout seul", ce qu'il apprécie dans l'intervention "administrative", c'est qu'elle l'a aidé à développer son propre savoir, non pas qu'elle lui a dit ce qu'il fallait faire ou ne pas faire.

On ne vit plus à l'époque où les gens étaient isolés dans leur village, n'ayant du monde que des échos assourdis. "Les gens" sont informés par de multiples canaux (presse, professions, etc…).
De la part des institutions, il y a une manière de faire qui fait savoir au citoyen (public, administré…) qu’il peut s’autoriser, prendre des initiatives, être acteur, c'est-à-dire être citoyen à part entière. Et une manière d’être qui positionne le citoyen comme subordonné, dépendant du geste de l’institution, et devant solliciter ce geste.

Finalement, l'aventure des créateurs du dispositif relève du même principe que l'aventure des utilisateurs : là où l'on est, on peut participer à l'entretien des équilibres du corps social et au développement. C'est un choix que chacun peut faire -  ou ne pas faire.

- Ce n'était pas un programme reposant, raconte l'initiateur du programme. Je me demandais "Pourquoi ai-je pris ce dossier en plus, pourquoi me suis-je mis là dedans?". A vrai dire, l'inquiétude, le questionnement ne m'ont jamais quitté. Il fallait faire avancer le truc. Mon rôle était d'avoir la préoccupation constante de trouver les financements.
Autre chose que je voulais rajouter : c'est un acte gratuit. On ne le fait pas pour en retirer un quelconque avantage. Au sein du GIC, il y a une sorte d'inutilité à chercher du bénéfice. C'est au fond ce qui me plaît dans la fonction publique : il y a les règles et le cadre, mais il existe un espace de liberté qui laisse place à l'initiative personnelle. On peut être fonctionnaire et trouver du plaisir, de la jubilation.

07 août 2006 dans De l'art de cultiver les projets | Lien permanent

Liste des publications présentées :

Quelle histoire racontons-nous à nos enfants?
"Le métier d'adulte n'est plus ce qu'il était (le goût de vivre)"
Ed Planète Jeune et Atelier d'ethnologie, 2002

La vie quotidienne de l'élu
"Et devinez sur qui ça retombe? Ou la vie quotidienne des maires dans 32000 communes."
Ouvrage collectif. Caisse des dépôts et consignations - Mairie - Conseil, La documentation française, 2002

L'acte d'entreprendre, vu du Massif Central : "Etre d'ici et du monde, Entreprendre dans le Massif Central". Eds Freeway Clermont-Ferrand 1998

Une formation active à la conduite de projets
"De l'art de cultiver les projets,dix ans de formation-développement en Auvergne"
Illustrations de Maty. 168 pages. DRTEFP, Clermont-Ferrand 2000

Un atelier d'écriture entre adultes et enfants
"La Boîte à Mots,ateliers d'écriture épistolaire entre enfants et adultes",
Préface de Marie Desplechin, Illustrations d'Edith Henri. L'Harmattan 2003

Travail, chanson et... hypertexte
"Chanter pour survivre, Culture ouvrière, travail et technique dans le textile, 1850 - 1914"
Préface de Madeleine Reberioux,L’Harmattan, Paris 1996 (2ème éd)

Catalogue de l'exposition Rémy Cogghe: Rémy Cogghe nous invite à un voyage à l'aube du 20ème siècle, dans la vie quotidienne  de la grande ville du textile et dans les campagnes des Flandres.

E-learning, le laboratoire auvergnat: Dans l'expérience auvergnate du e-learning en milieu à dominante rurale, la présence personnelle qui permet au stagiaire de suivre pendant plusieurs mois une formation à distance est assurée par le système bipolaire site central / antenne : d'un côté l'équipe pédagogique, avec les formateurs et le coordonnateur de l'équipe, et de l'autre l'antenne où exerce l'accompagnatrice-relais.

Chanson et savoir-vivre:  Parents, enseignants, sociologues, nous estimons avoir un rôle à jouer dans la transmission des pensées et des sentiments. Et voilà que dans ce domaine, qui relève de notre compétence et de notre juridiction, vient s'immiscer un intrus, comme un drôle de courant d'air : la chanson.

03 août 2006 dans Accueil | Lien permanent

Quelques extraits de "Etre d'ici et du monde"

> Le Parc Naturel Régional du Livradois Forez a été créé en 1986. Il concerne un territoire de 318000 ha comptant 110 000 habitants dans 177 communes. 32 personnes y travaillent.
Nous sommes reçus par Jacques Fournier, directeur du Parc. 
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> La tresse à Ambert, d'hier à aujourd'hui  >> Lire

> Le Vallon du Villaret, art et plaisir des enfants: c'est un musée d'art contemporain avec ceci de particulier qu'il est en plein air, mêlé à la nature.Ce sont des œuvres d'art, mais on peut les toucher, et non seulement les toucher, on peut aussi jouer avec elles. >> Lire

>D'ici et d'ailleurs: la valeur du pluriel. Aveyron et... Pour raconter son entreprise, Evelyne Colonges a commencé par parler de sa propre histoire, cela coulait de source. >> Lire

>Existe-t-il une manière rurale de faire avec la complexité moderne ? Un de nos entretiens "mini-colloque" a porté sur ce thème. >> Lire

>Pierre Bergounioux. "Il appartenait à l'endroit. Il fut l'endroit fait homme, comme elle avait été la femme qu'il avait fallu, à un moment donné, à cet endroit." >> Lire

16 juillet 2006 dans Etre d'ici et du monde | Lien permanent | Commentaires (0)

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