Louis Catrice est le plus populaire des chansonniers de Roubaix. II a laissé plus de 200 chansons. A l'époque, il ne s'était pas soucié de les publier, car la chanson vivait et se transmettait oralement ; ce n'est que lorsque la chanson et le mode de vie qui l'accompagnait déclineront que l'on commencera vraiment à les “ fixer ” dans des livres. Louis Catrice, donc, est né en 1850. La chanson, il l'a entendue d'abord chez lui ; son père était tisserand à domicile et chantait en travaillant. Par la suite, Louis Catrice fréquente assidûment les cabarets, qui seront sa seconde école d'apprentissage de la chanson.
Après un passage mouvementé à l'usine, Catrice ne tarde pas à ouvrir son propre bistrot. Là, il écrit ses chansons, seul ou avec des amis, le plus souvent sur des airs connus de tous, parfois sur des airs originaux faciles à reprendre. Son inspiration se replace dans la lignée des chansonniers populaires dans sa chanson “ Salut à Brûle-Majon ”, (Salut à Brûle-Maison) il se considère (avec les autres chansonniers) comme fils de Desrousseaux et petit-fils de Brûle-Maison :
“ J'vas vous parler du fameux Brûle-Majon...
Sin nom n'sera jamais perdu,
Salut ! à mon grand-père,
Pusque nous n'sommes que des nouveaux,
Tchand j'dis grand-père, faut que j'm'esplique,
Mais in langache poétique,
Ch'est li qu'est l'père de Desrousseaux”.
(Le "patois", issu de la vieille langue picarde, est la langue naturelle de l'ouvrier . Parler patois, c'est s'affirmer comme ouvrier. Le chansonnier Louis CATRICE, dans une chanson, se fait cafetier-coiffeur : “ Dins min salon, in parlera patos, Comm'cha l'ouvri pora parler à s'n'aiche ”. Dans mon salon, on parlera patois, Comme ça, l'ouvrier pourra parler à son aise.)
>>Voir aussi "La chanson qui guérit. Un témoignage sur Louis Catrice"